Journée Mondiale de la langue maternelle : Une célébration à perpétuer

À l’occasion de la Journée Mondiale de la langue maternelle, célébrée chaque année le 21 février, l’ONG Osons Léguer Notre Héritage, le Festival international du Mont Iboundji (FIMI), le centre culturel IBULIGHA et OMANDA en collaboration avec la plateforme des OSC de la Convention 2005 de l’UNESCO et le bureau régional de l’UNESCO Libreville ont organisé dans les locaux de Gabon Télévision notamment un panel de discussion et rendu hommage à Maelle Manomba, avec la participation exceptionnelle de la représentante du ministère de la Culture Moussavou Marie-France. Cette célébration a été une opportunité de faire un vibrant plaidoyer pour les langues du Gabon.

L’édition 2024 de la Journée Mondiale de la langue maternelle centrée sur le thème « la langue maternelle une porte d’accès à la bonne gouvernance » démontre la pertinence de s’appuyer sur les langues et les cultures pour générer un mouvement de développement du Gabon. Les participants aux festivités ont témoigné que la langue et la culture, loin d’être des facteurs inhibiteurs, sont de puissants adjuvants du développement rapide et durable du pays. Car, la question des langues maternelles a toujours été diversement appréciée, notamment lorsqu’il s’agit de leur prise en compte dans notre système éducatif. La diversité linguistique (avec plus d’une cinquantaine selon le Pr Daniel Franck Idiata) du Gabon demeure une richesse et représente un potentiel qui peut maximiser la créativité et les compétences dans les activités de développement, pour peu que cette diversité soit effectivement perçue de manière positive et bien gérée.

Aussi, la mise en œuvre d’une politique linguistique en matière de promotion des langues maternelles est un défi majeur pour le Gabon. Peu d’actions vigoureuses ont été menées, depuis les indépendances, en vue de l’adoption explicite du statut, c’est-à-dire préciser la situation ou position des langues en présence, les garanties accordées à chacune d’elles, à travers des textes ou dispositions légales et réglementaires. Le constat dans notre pays est que la langue officielle, celle qui est reconnue par la loi comme langue de travail de l’administration et des actes officiels, est restée la langue du colonisateur c’est-à-dire le français.

Gageons que le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI) s’appuie sur l’expérience technique et du développement des capacités des organisateurs de cette Journée mondiale de la langue maternelle. Et qu’en matière de politique linguistique le CTRI s’engage résolument dans la nécessaire réforme des politiques et des pratiques d’utilisation des langues maternelles dans l’éducation.

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