Gabon Infos Live vous livre l’intégralité de son discours :
Mesdames et Messieurs les membres du Bureau Exécutif, Mesdames et Messieurs les Présidents ou représentants des partis politiques amis, Chers invités, militantes et militants, chers sympathisants, chers tous,
C’est pour moi une immense joie de vous retrouver ce samedi, 17 Février 2024, après une longue période d’absence au cours de laquelle j’ai vécu 11 mois et 26 jours sous le régime judiciaire de l’assignation à résidence.
De l’affaire à l’origine de cette assignation, j’aurais bien voulu vous en parler de long et large, par-delà les images humiliantes et les commentaires disgracieux ventilés par une certaine presse acquise au pouvoir déchu, aux fins de ternir mon image et souiller celle de notre formation politique.
Malheureusement, j’en suis contraint à la retenue. Car l’affaire reste pendante et la justice suit son cours, en raison du pourvoi en cassation que j’ai formulé avec l’aide de mon conseil auprès des juridictions compétentes. Tout en comptant désormais sur une justice indépendante, je suis plus optimiste quant à la perspective d’un jugement honnête, basé uniquement sur la lecture du droit et non plus sur le souci de plaire ou le devoir d’appliquer les volontés autrefois édictées par les hauts lieux du pouvoir déchu. Néanmoins, je puis vous confier combien cette épreuve a été extrêmement difficile à vivre ; tant pour moi-même que pour l’ensemble de ma famille. De fait, au regard de l’acharnement et de l’excès de zèle d’une partie de la justice aux ordres, j’avais presque acquis la conviction que le pouvoir en place de l’époque n’avait pas simplement la volonté de barrer la route à un adversaire politique qu’il redoutait.
Au regard des humiliations répétées et de la surdité volontairement entretenue face aux arguments bien fondés de la défense, j’ai eu le sentiment d’être en présence d’un véritable projet mortifère que le sadisme du pouvoir déchu avait mis en exécution pour anéantir à jamais ma personne.
Aussi, je dois sincèrement reconnaître, c’est en grande partie grâce à vous, que j’ai pu tenir et préserver mes nerfs de possibles AVC, aux plus forts moments du harcèlement et des humiliations subies. Car, chaque jour, vous m’aviez inondé de témoignages d’affection et d’empathie fraternelle. Plusieurs Amis parmi vous sont passés à domicile m’apporter leur soutien. Ceux qui ne pouvaient y venir m’ont envoyé du Gabon comme de l’étranger, des messages forts réconfortants qui ont permis d’alimenter en moi une positive attitude et une foi inébranlable au combat que nous menions.
C’est ici l’occasion opportune d’adresser à tous, où que vous soyez, mes remerciements sortis du plus profond de mes entrailles. Je dis merci à tous de m’avoir permis de garder goût à la vie. Merci de m’avoir permis de garder foi en l’engagement politique.
Merci de m’avoir surtout permis de garder croyance en l’extrême bonté de l’être humain, par-delà certains visages du diable qu’il peut incarner à merveille comme le furent mes bourreaux d’hier, aujourd’hui confrontés à leur propres turpitudes
Mes chers Amis, grâce au contexte nouveau créé par l’arrivée du CTRI, la juge du premier cabinet s’est vue dans l’obligation de signer une ordonnance actant la levée de l’assignation à résidence à laquelle j’étais assujetti.
Ainsi, depuis le 05 Septembre 2023, je puis jouir à nouveau de ma liberté de circuler, d’agir et de pouvoir formuler publiquement des opinions comme tout citoyen normal.
C’est ici, le lieu et le moment qui me semblent également bien indiqués d’adresser mes sincères remerciements, expression de ma profonde gratitude à l’égard du CTRI et du Président de la Transition, Chef de l’Etat, le Général de brigade Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA.
Au risque de malmener sa grande modestie, je voudrais dire au Président de la Transition qu’outre la levée de mon assignation à résidence rendue possible grâce à l’avènement du CTRI, il y a surtout dans mes remerciements, la reconnaissance du Gabon éternel face à l’acte libératoire de toute la nation que nos valeureuses forces de défenses et de sécurité ont accompli l’aube du 30 août 2023.
En effet, sur un élan hautement patriotique, nos militaires ont su débarrasser le pays, sans effusion de la moindre goutte de sang, d’un pouvoir moribond. Un pouvoir qui a plongé les gabonaises et les gabonais dans la misère, l’indignité et le déshonneur à la face du monde. Un pouvoir dévoyé, finalement exercé par une bande de prédateurs financiers doublé d’un cercle familier dépourvu de toute légalité constitutionnelle en la matière. Le tout, sur fond d’humeur brouillonne et d’amateurisme insipide des Gouvernements successifs dans la gestion des affaires publiques.
Aussi, à la suite de la motion de soutien au CTRI prononcée par le Président intérimaire, l’Ami Philippe NZENGUE MAYILA, le 06 Septembre 2023, l’occasion me revient-il de renouveler ce soutien ainsi que les remerciements du peuple Gabonais envers nos patriotiques forces de défenses et de sécurité.
Le CTRI nous a redonné fierté, dignité et amour d’être ensemble en tant que nation gabonaise. Nous croyons à nouveau à l’idée de justice en tant qu’égalité de tous devant la loi. Nous croyons à nouveau en la justice sociale synonyme de redistribution plus élargie et proportionnelle de la richesse nationale. La bourse attribuée à nouveau à nos élèves méritants est un joli symbole. Tout comme la reprise des concours et recrutements à la fonction publique. La mise à disposition de plusieurs postes budgétaires à l’éducation nationale, la santé et autres secteurs, tranche avec les faveurs réservées en la matière à la famille, aux copains et coquins. La prise à bras le corps, du problème de la route par le Président de la Transition, Chef de l’Etat, constitue un autre symbole très fort qui contraste d’avec les promesses creuses et oiseuses du pouvoir déchu ; alors que la boulimie des prêts financiers qui s’est finalement traduit par un véritable gaspillage des fonds publics orchestré ces dernières années aurait pu pleinement résoudre l’équation de notre réseau routier. Le parfum envoûtant de la liberté retrouvée dans le pays n’a d’équivalent que le poids de l’oppression dans laquelle nous vivions.
Le Kilimandjaro de la dévotion que le peuple gabonais témoigne au Président de la Transition, le Général de division Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, n’a d’équivalent que le degré du désespoir dans lequel ce peuple était plongé quant à l’idée de sortir un jour du règne diabolique qui les consumait à petit feu.Néanmoins, mes chers Amis, comme le prévient pertinemment mon jeune frère désormais Sénateur, Jean Remy YAMA, dans un entretien à la Loupe, daté du 25/09/2023, je cite : « Les ténèbres qui ont été chassés le 30 août vont, par tous les moyens, tenter de revenir sous d’autres formes pour faire déraper le processus actuel. C’est pourquoi le peuple doit rester vigilant tout en soutenant sans réserve les nouvelles autorités en leur rappelant chaque fois que ce sera nécessaire, leurs engagements » fin de citation.Au nom de cette vigilance et au regard de notre soutien au CTRI, c’est désormais avec un logiciel différent que nous lançons la reprise de nos activités politiques.
Auparavant, nous étions opposés à un pouvoir qui s’était longtemps discrédité de lui-même à travers ses actes et sa gouvernance antipatriotiques. Désormais, nous combattrons les ennemis de la Transition ; afin que les nouvelles autorités, dans leur juste volonté d’associer tous les gabonais au vaste chantier de la restauration de nos institutions, s’abstiennent parallèlement de succomber au charme démoniaque de ceux là qui soutenaient avec leur dernière énergie, il y a quelques mois encore, la volonté de pérenniser le pouvoir déchu. Le tout, sur fond de préservation de leurs intérêts égoïstes qu’ils semblaient alors placer, sans états d’âmes, au-dessus de la maison Gabon et de l’intérêt général ; au point de considérer ceux qui osaient penser ou dire le contraire de leur projet dévastateur du pays comme des ennemis à abattre.
Conformément à notre soutien au CTRI, nous devons alimenter la Transition en idées nouvelles dans le cadre global de restauration ou de restructuration des institutions qu’elle s’est fixée. De ce point de vue, nous avons de précieux relais au parlement et parmi les délégations spéciales des municipalités et départements.
D’autre part, nous avons de nombreux cadres et agents de l’administration tant publique que privée que nous mettons d’ores et déjà à la disposition du CTRI afin qu’ils participent aussi par leur talent et leur intelligence à l’édifice du nouveau Gabon.
En revanche, tout en accompagnant le CTRI, nous n’oublions pas de conserver nos valeurs, de garder notre autonomie d’action, de penser et de parole. Pour ce faire, j’annonce le réaménagement du Bureau Exécutif et de nos différents organes. En particulier : Le Conseil National, le Conseil Politique et le Comité Stratégique. Les nouveaux responsables désignées au sein de ces organes auront aussitôt la charge de réorganiser nos coordinations et nos délégations à travers toute l’étendue du territoire. La remobilisation du parti est de mise, si nous voulons être un interlocuteur utile et crédible en toute circonstance.
Dans cette perspective, nous avons en ligne de mire le prochain dialogue ou conférence nationale déclinée par le chronogramme de la Transition.Enfin, mes chers Amis, durant ma longue absence, notre parti a pu résister contre toutes les tentatives de déstabilisation visant à le disloquer. Cette résilience est l’œuvre de tous ici en tant que nous croyons aux valeurs que nous y défendons. Mais de façon symbolique, cette résilience a été portée par deux grands hommes à qui je voudrais rendre hommage. Pour sa loyauté, son dynamisme, sa disponibilité, son humilité et pour la patience dont il fait preuve au quotidien afin d’assurer la vitalité du parti, je rends solennellement hommage à notre Secrétaire Général, l’Ami Paulin OBIANG NDONG. Pour sa loyauté, son humilité, son soutien multiforme aux activités du parti et pour le souci de rassembler dont il a fait preuve durant l’intérim, aux fins de garder la cohésion au sein du parti, alors que celui-ci était devenu le supermarché politique du pouvoir déchu, je rends solennellement hommage à notre Ami Premier Vice- Président, Philippe NZENGUE MAYILA. A tous les deux, une sagesse de chez nous enseigne qu’il faut être surpris par la nuit sur la route des travaux champêtres pour découvrir les personnes qui vous aiment véritablement dans un village. Seuls ces derniers s’inquiéteraient, en effet, et se risqueraient d’entrer nuitamment en forêt, munis d’une torche pour venir à votre secours. Nous y sommes.
Mes chers Amis, Mesdames et Messieurs, c’est sur cette sagesse et tout en remerciant nos invités en tête desquels les Présidents ou Représentants des partis politiques amis qui ont bien voulu rehausser de leur présence cette cérémonie de rentrée politique, que je voudrais clore mon propos.
Messieurs les Présidents, je dois également remercier la plupart de votre soutien fraternel et compatissant à l’égard de ma personne durant l’épreuve judiciaire et les humiliations. A l’intention de chacun ici, je formule, fut-il en large différé, mes vœux de bonne santé et de jours heureux jalonnés de multiples bénédictions divines tout au long de cette année nouvelle.
Vive Les Démocrates, Vive le Gabon éternel. Je vous remercie de votre bienveillante attention.

