Le dialogue national d’avril prochain va opposer deux camps: La société civile et le peuple gabonais d’un côté, les politiciens et les partis politiques de l’autre.
À titre de rappel, le Gabon n’a cessé d’organiser depuis 1990 des messes politiques dont notamment la conférence nationale, les accords de Paris, les accords d’Arambo, le dialogue politique d’Angondje, et la concertation politique de 2023.
Organisées, limitées et dédiées à la cause des seuls politiciens et de leurs partis politiques, aucune de ces assises n’a bénéficié directement aux gabonaises et aux gabonais. Tout au plus, ces assises ont servi à plus d’appauvrissement du peuple et à plus d’enrichissement pour les politiques.
D’ailleurs les causes inhérentes à ces dialogues étaient toutes politiques. Liberté d’expression et multipartisme en 1990, gouvernement de large consensus en 1994 après la paix des braves des accords de Paris, nettoyage du code électoral avec l’introduction de la biométrie et de l’enveloppe poubelle aux accords d’Arambo, dialogue politique à Angondjé après les massacres de 2016, et dialogue politique préélectorale de 2023 à la Présidence. Le sort du Gabon n’a jamais effleuré les pensées des participants.
Au moment où les FDS nous offrent l’opportunité de dialoguer, il y a lieu de préciser notre conception du mot dialogue. Dérivé de DIA qui signifie deux, il s’agit très souvent de mettre face à face deux camps, le camp A et le camp B, avec au milieu un Médiateur M.
Comment doit se dérouler ce dialogue ?Devant le Médiateur M, le camp A doit exposer toutes ses griefs contre B qui doit l’écouter religieusement sans dire un mot. Après cet exposé, B doit restituer fidèlement les griefs portées contre lui par A sans déformer les paroles de A. Réciproquement, B doit à son tour exposer toutes ses griefs contre A, et A doit les restituer sans en déformer une idée.
Après cet exercice d’écoute fidèle et de restitution, la solution que le Médiateur M va proposer ne devrait être ni celle de A ni celle de B, mais une nouvelle solution qui réconcilie A et B. Autrement dit, un dialogue implique deux camps et un médiateur.
Nous proposons de ce fait que la société civile et la population qui ne se reconnait pas dans les politiciens et les partis politiques nous rejoignent pour bâtir le premier projet pour le Gabon avec une vision et un objectif clair pour 2050.
Tel est le combat (excusez l’emploi de ce mot violent qui ne fait pas partie de mon vocabulaire) que nous entendons mener lors du dialogue national d’avril 2024. Le vrai débat est là.

