17 Août 1960 – 17 Août 2024, du haut de ces 64 ans d’indépendance et de souveraineté nationale, le Gabon est une république à régime semi-présidentiel, avec une loi fondamentale qu’est la constitution, établie collégialement par les acteurs politiques et les forces vives de la nation de l’époque, à l’issue de la conférence nationale de 1990. Celle-ci, en sa loi n° 3/91 du 26 mars 1991, stipule clairement que le président de la république est le chef de l’État et le premier ministre celui du gouvernement. Le pouvoir législatif est partagé entre les deux chambres parlementaires, notamment l’assemblée nationale et le sénat. La nation gabonaise, qui aspire depuis ses 33 dernieres année à une croissance économique inclusive et soutenable a toujours été un pays à revenu intermédiaire avec une économie de rente. Notre patrie a une histoire authentique, contrairement au régime présidentiel qu’on veut imposer au peuple gabonais contre la volonté de la majorité de celui-ci.
De par sa définition étymologique, la dette est une somme d’argent que l’on doit à quelqu’un à qui on l’a empruntée et surtout que l’on doit rembourser. Celle du Gabon est élevée aujourd’hui à 7.140 milliards de francs CFA depuis décembre 2023 selon le FMI. La dette publique a ainsi augmenté, s’élevant à 57,4 % du PIB en 2023, voire à 70,5 % du PIB si l’on ajoute au stock de la dette, les bons du trésor et les divers arriérés. En six (6) mois seulement, la dette publique a augmenté de manière spectaculaire, sans qu’on ait atteint au minimum la moitié des résultats escomptés au niveau social et infrastucturel pouvant justifierune telle augmentation, celà est scandaleux et surtout très inquiétant pour l’avenir du pays. En montant ouvertement ses limites, nous sommes en droit de nous demander si le ministre de l’économie a-t-il un costume plus large que ces épaules !? Rendra – t-il son tablier au regard de l’état catastrophique actuel de l’économie gabonaise !?
Cette situation très préoccupante doit impérativement interpeller les autorités de la transition, en tête desquels, le général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema, afin que lui et son gouvernement mettent tout en œuvre pour rectifier le tir et recadrer les choses, car le pays est actuellement au bord d’une récession économique aux conséquences incalculables. Il est de mon point de vue, très urgent de réorganiser la gestion des finances publiques, redéfinir les priorités, maîtriser les dépenses publiques, relancer et booster l’économie du Gabon en la diversifiant de manière efficiente et optimale au profit des populations. Après tout, c’est l’argent du contribuable, donc celui du peuple gabonais sans distinction aucune.
L’amélioration significative des conditions de vie des gabonaises et des gabonais doit constituer la première priorite du CTRI, car selon les données de la banque mondiale, 39,2 % du peuple gabonais vit sous le seuil de pauvreté, soit plus de 900 000 personnes, dans un pays où le taux de chômage est très élevé, soit 30 %, avec notamment une jeunesse qui peine à trouver un emploi dans le pays et cherche des perspectives à l’étranger. Cet état de faits doit normalement intéresser les autorités de transition, ce qui n’est visiblement toujours pas le cas.
De ce fait, la relance économique du Gabon devrait véritablement être effective et se poursuivre à moyen terme malgré le déclin de la production pétrolière attendu à partir de 2025 en raison de l’arrivée à maturité des champs pétroliers. Les secteurs des mines, du bois et de l’agriculture seraient alors les nouveaux moteurs de la croissance économique qui se veut inclusive et soutenable.
Au Gabon, pour parvenir à diversifier ses exploitations et exportations, les autorités de la transition pourraient tirer parti de son capital naturel et investir dans des secteurs comme l’agriculture, la pêche, les services numériques, l’écotourisme, et la foresterie, celà permettra de créer des emplois directs stables pour les jeunes, créer et produire de la richesse afin de pouvoir régler sa dette publique efficacement et de manière progressive, dans le but précis de retrouver une économie forte, équilibrée entre le budget et les dépenses, une économie inclusive, productive et compétitive. Ce n’est que de cette manière réaliste, ordonnée et méthodique que les membres du comité pour la transition et la restauration des institutions et leur gouvernement parviendront à redresser l’économie gabonaise en toute responsabilité au profit des populations et surtout du développement durable pour les générations futures.
MINTSA ANGO Verdaly, Acteur Politique

