Au cœur de la savane africaine, le village de Ndengue prospérait sous la sagesse de son chef éponyme. Bodo, l’un des villageois, était béni d’une famille nombreuse avec sa femme et leurs cinq enfants : Mana, l’aîné, Kassa, le travailleur, Ekassi, l’esprit libre, Mireille, la douce, et Antoinette, la cadette.
Bodo, influencé par sa femme, qui avait été conseillée par sa propre famille avide, montrait une préférence flagrante pour Mana. Il lui offrait les meilleures parts de nourriture, les vêtements les plus fins, et lui promettait l’héritage le plus riche. Cette faveur injuste sema les graines de la discorde parmi les frères et sœurs, qui se sentaient délaissés et méprisés.
La jalousie s’installa profondément dans le cœur de Kassa, Ekassi, Mireille et Antoinette. Ils commencèrent à se quereller pour chaque petite chose, leur amour fraternel s’effritant comme la terre sèche sous le soleil brûlant.
Ndengue, le chef du village, observait la situation avec tristesse. Il convoqua Bodo et sa famille sous le grand baobab, symbole de réunion et de sagesse. Là, il leur raconta l’histoire des cinq rivières qui naissaient de la même source mais qui, en se divisant, perdaient leur force, ne parvenant plus à nourrir la terre ni à abriter la vie.
« Votre famille est comme ces rivières, » dit Ndengue. « Séparées, elles faiblissent ; unies, elles sont invincibles. »
Bodo et sa femme prirent conscience de leur erreur. Ils comprirent que leur comportement avait semé la discorde et que l’opportunisme de la famille extérieure avait empoisonné leur foyer. Ils décidèrent de changer, traitant désormais tous leurs enfants avec équité et amour.
Les cœurs des enfants s’apaisèrent et la paix revint dans la famille. Mana partagea volontiers son héritage avec ses frères et sœurs, et ensemble, ils travaillèrent pour le bien-être de leur famille et de leur village.
Le conte de Bodo, sa femme, et leurs enfants enseigne que la préférence parentale et le manque de considération peuvent diviser les familles les plus unies. Il rappelle que l’harmonie familiale est un trésor qui doit être préservé à tout prix, et que l’amour et l’équité sont les piliers d’une famille forte et prospère.

