C’est une question à la fois technique et artistique
.1 Du point de vue technique : il faut savoir primo, ce qu’est l’auteur d’un livre. De ce point de vue, l’auteur c’est celui à qui on reconnaît la paternité dudit livre ; ainsi, son seul nom sur la première de couverture suffit pour justifier de son droit d’auteur partout. en droit de la propriété intellectuelle ( on parle du droit du nom qu’on ne peut céder valablement car il est éternel) Il n’est donc pas obligé d’écrire, et même, de penser ledit livre.
Sur l’aspect de penser un livre d’ailleurs, au fond, c’est un mot creux, mais qui dans le monde des arts, donc de la littérature par ricochet, incarne un rôle important ; un auteur dira : <c’est moi qui ai motivé l’écriture de ce livre avec enthousiasme >. Dès lors, on peut être auteur sans être écrivain, et l’on peut être écrivain sans devenir auteur ; soyons bien clair : le livre étant la chose du public, les effets qu’il engendre le sont aussi. Il ne sert à rien de dire dans sa chambre à soi-même : voilà mon livre, écrit de mes mains qui fait grâce à quelqu’un d’autre alors même que celui-là y a son nom bien porté. C’est l’aigreur et la diffamation.
2 Du point de vue artistique : Soyons attentif.
Être auteur, secundo, c’est deux choses l’une d’elle : créer un livre ou créer et écrire un livre. Créer un livre demande d’imaginer, concevoir, former et polir l’âme de celui-ci ( le texte) or, créer et écrire un livre demande qu’une fois l’âme construite qu’on la mette dans un corps( l’écriture) pour lui donner vie. Je peux donc donner un plan d’écriture à un rédacteur ou le lui dicter afin de le matérialiser avec les mots sur du papier sans m’ôter le droit d’auteur. C’est mon livre. D’ailleurs cela a été le cas des grands auteurs de la littérature (brillante universelle), car à une époque il est ce métier qui a façonné la littérature : <le metier de marquis ou de marquise dont le rôle était : là penché sur une table, la plume aux doigts, les feuilles de glace dans ses yeux, l’esprit ouvert comme la bouche de son maître, d’écrire ce qu’on lui dictait.>. Dicter un livre n’est pas pareillement que donner un plan de livre pour que la marquise en invente le corps. Mais les deux services, puisque c’est bien un service qui se payait et se paie bien, ne s’éloignent pas. La question c’est de savoir si la marquise ( celui qui écrit à place de la main de l’auteur) comme l’artiste musicien qui compose juste les mots d’une célèbre chanson chantée par un autre et qui seul jouit du prestige, peut se prévaloir du droit d’auteur ? Non, et non. Juste d’un droit de rémunération. Sauf si, on est dans la co-écriture l’un pense l’autre matérialise.

