C’est le cœur joyeux et l’âme soulagée que je viens féliciter votre nomination comme Président du *Conseil National des Églises Pentecôtistes, Évangéliques et de Réveil du Gabon (CNEPER)*.
En effet *les Assises Nationales des Églises qui se sont tenues du 15 au 17 mars 2024 vous ont donné un mandat de six mois pour solidifier ce nouvel organisme sur tous les plans*. Comment pouvait-il en être autrement, Révérend Pasteur Président?
Entre mars 2023 et mars 2024, le Comité Central de Planification (CPC) que vous avez remarquablement dirigé a quotidiennement construit un climat d’unité, d’apaisement et de confiance réciproques* parmi notre foultitude de congrégations. Votre *recherche permanente du consensus* a logiquement débouché du 12 au 16 juin 2023 sur une « mobilisation cumulée » de 700 mille gabonais au Stade de Nzeng Ayong, et une conférence quotidienne de 7 mille ministres du culte au Palais des Sports, lors du passage de l’évangéliste Dag Heward-Mills à Libreville.
Une ou deux semaines plus tard *vous avez recherché et obtenu de vos nombreux collègues la nécessité de maintenir et de formaliser cette dynamique à travers la création d’un organisme commun à nos milliers d’assemblées dispersées*, ce qui coïncidait enfin avec le perpétuel désir du plus ancien d’entre nous, Révérend Docteur Jude Benjamin Ngouwa Jocktane, actuellement Président Afrique et Vice-Président mondial de l’Église des Assemblées de Dieu / Église Évangélique de Pentecôte (ADD/EEP). Pendant plusieurs mois et sous le regard bienveillant du dernier cité, et de bien d’autres, vous avez supervisé *une commission ad hoc qui avait la mission de produire une doctrine chrétienne consensuelle et une éthique pastorale unanime*. Votre comité ad hoc a terminé sa mission ce dimanche 17 mars pendant la clôture des toutes premières Assises Nationales des Églises, dans une atmosphère de communion fraternelle sans précédent, de sorte que *la transformation dudit comité en Bureau Exécutif provisoire ne souffre d’aucune contestation*.
La Bible dit: “Si tu vois un homme habile dans son ouvrage, Il se tient auprès des rois; Il ne se tient pas auprès des gens obscurs.” (Proverbes 22:29, LSG). Pour toutes ces raisons et pour bien d’autres encore, veuillez recevoir mes sincères bravos. Je prie que le Seigneur Jésus-Christ accompagne votre équipe et vous-même dans l’accomplissement de vos lourdes missions, pendant les six prochains mois de mandature.
Révérend Pasteur Président,
Les fonctions que vous avez inaugurées avant-hier succèdent à *22 années d’espoirs mitigés*, ce qui vous conduira inéluctablement à assumer des devoirs apostoliques multiformes. Nos fédérations et confédérations d’églises n’ont pas totalement accompli les missions pour lesquelles nous les avions créées. Nous venons de traverser *un long et pénible désert de doctrines parallèles, de pratiques bizarres, de suspicions ésotériques, d’infiltrations occultistes, de scandales médiatico-judiciaires, de clientélisme politique, de magouilles financières et d’innombrables schismes communautaires*. Des situations qui pour la plupart n’ont jamais été tranchées en fédérations ou confédérations.
La plupart des conférences missionnaires qui avaient été programmées pour corriger ces multiples dérapages n’ont malheureusement jamais lieu, pour des raisons que la plupart d’entre nous ne savent toujours pas depuis une vingtaine d’années*. Toutefois Dieu a eu compassion de nous et plusieurs communautés ont notablement progressé, conformément à cette parole biblique: « Là où le péché a abondé, la grâce a surabondé.” (Romains 5:20b, LSG). Néanmoins les besoins étant immenses, nous ne pouvons nous satisfaire de si peu, voici pourquoi au milieu de vos missions pastorales très urgentes, je viens humblement vous exhorter à *reprogrammer la relance de ces projets missiologiques d’une importance fondamentale*.
Révérend Pasteur Président,
Je rappelle aussi à votre Oint de l’Éternel *l’attachement sans équivoque de nos populations, de nos pouvoirs publics et des forces vives de notre Nation à la « perspective d’une Église Chrétienne au témoignage exemplaire », avec un « processus axé sur l’intégrité, l’orthodoxie et la charité »*, conformément au texte biblique suivant: “Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux.” (Matthieu 5:16, LSG). Certaines de nos congrégations ont reçu des dotations de parcelles pour construire des établissements scolaires, universitaires et/ou hospitaliers, voire des exploitations agricoles et/ou pastorales, en lieu et place desquels on a plutôt érigé des lieux de culte, ce qui a profondément déçu les gouvernants. D’autres églises ont bénéficié de lignes budgétaires quelquefois hallucinantes, pour lesquelles les donateurs publics et/ou privés continuent à chercher la moindre action sociale et/ou un quelconque projet de développement communautaire. La Bible dit: “Ayez au milieu des païens une bonne conduite, afin que, là même où ils vous calomnient comme si vous étiez des malfaiteurs, ils remarquent vos bonnes œuvres, et glorifient Dieu, au jour où il les visitera.” (1Pierre 2:12, LSG).
Je prie que pendant votre leadership de transition, Dieu vous donne l’opportunité de *recenser les œuvres scolaires et universitaires de nos membres, les établissements médico-sanitaires de nos frères et sœurs, ainsi les clubs sportifs, les ONG et les entreprises fondés sur les principes de l’Évangile, afin de leur prêter main forte devant les pouvoirs publics et les partenaires au développement*.
Comment oublier le *mutisme général de nos milieux pendant les six grandes crises post-électorales de notre histoire récente: 1993, 1998, 2005, 2009, 2016 et 2023*.
Chaque fois que les règles du jeu étaient unilatéralement changées par les garants du système Bongo-PDG, nous avons regardé ailleurs. Lorsque les vrais procès-verbaux étaient jetés à la poubelle et que les faux résultats étaient légitimés par le ministère de l’intérieur et la Cour Constitutionnelle, nous avons regardé ailleurs. Chaque fois que des acteurs politiques, des membres de la société civile et des concitoyens ordinaires ont subi des destructions ciblées, des détentions arbitraires, des arrestations à la tête du client, des spoliations illégales, des raffles, des disparitions, des humiliations de tous genres, des tortures, des mutilations et même des assassinats, nous avons regardé ailleurs. Lorsque des Comités d’Actions Politiques (CAP) ont sévi pendant les années 1990, et que des milices tout autant criminelles leur ont succédé pendant les vingt-cinq dernières années, nous avons regardé ailleurs. Chaque fois que les corps habillés ont été incontestablement coupables d’un usage excessif de la force, nous avons regardé ailleurs. Lorsque la psychose des enlèvements d’enfants a eu lieu en janvier 2020, et qu’un concitoyen innocent a été publiquement lynché à mort au Carrefour de la Poste d’Akébé, presque en direct sur les réseaux sociaux, nous avons regardé ailleurs. Quand des assassinats ont eu lieu à l’arme de guerre pendant le « concert des casseroles » de février 2021, nous avons regardé ailleurs. Lorsque la représentation nationale validait l’exécution des exercices budgétaires, nous avons regardé ailleurs. Lorsque les populations subissaient des éboulements et que des familles entières y laissaient la vie, nous avons regardé ailleurs. Lorsque l’Assemblée Nationale dépénalisait l’adultère et l’homosexualité, nous avons regardé ailleurs. Lorsque le COPIL augmentait les tarifs des tests PCR, nous avons regardé ailleurs. Lorsque le président de la Chambre Basse bloquait unilatéralement le Rapport d’enquête parlementaire sur la gestion de la covid-19, nous avons regardé ailleurs. Lorsque des milliers de PME et PMO ont coulé pendant la crise sanitaire de 2020 et 2021, nous avons regardé ailleurs. Lorsque des concitoyens sont morts à cause des vaccins anti covid-19, nous avons regardé ailleurs. Le seul instant où notre clergé s’est massivement mobilisé pour faire entendre sa voix auprès des gouvernants, c’était pour réclamer la réouverture des lieux de culte et l’indemnisation des confessions religieuses en situation de location.
Révérend Pasteur Président, nous devrions peut-être profiter de votre magistère pour *demander pardon aux populations au même titre que les pédégistes* et leurs alliés qui ont ruiné ce pays, *sans pour autant emprunter la légèreté avec laquelle ces derniers ont sollicité l’absolution des gabonais*. Oui, Révérend Pasteur Président, je supplie votre bureau exécutif de commencer à reconstruire un climat de confiance vraie et sincère avec nos concitoyens qui se demandent parfois à quoi nous servons. La Bible dit : “Si donc tu présentes ton offrande à l’autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère; puis, viens présenter ton offrande.” (Matthieu 5:23-24, LSG).
Révérend Pasteur Président,
Je prie encore que Dieu vous donne la sagesse pour *demander et obtenir du Chef de l’État, une rotation dans la prise de parole des confessions religieuses lors de la présentation des vœux au Président de la République*. En effet, entre janvier 1968 et janvier 2023, la même congrégation s’est adressée aux dictateurs pédégistes sans que la situation chaotique du pays change en profondeur. Bien au contraire, certains messagers ont longtemps sonné creux à l’oreille des gouvernants, vu la forte présomption de connivence avec le système Bongo-PDG. *À défaut d’une rotation, peut-être plaider pour une cérémonie spéciale avec les confessions religieuses*, à l’image de celles accordées à la Presse, aux Forces de Défense et de Sécurité et aux partenaires sociaux. À l’heure de la transition et de la réforme des institutions, il est urgent de faire aussi bouger les lignes de ce côté.
Dans le vif espoir de votre bonne appréciation, veuillez agréer, Révérend Pasteur Président et Cher Père dans le Seigneur Jésus-Christ, l’expression de ma très profonde considération et de mes vœux de plein succès.
Philippe César Boutimba Dietha*Secrétaire Général de la Confédération Gabon Pour Jésus-Christ

