Analyse des mesures prises en Conseil des ministres sur le travail en République Gabonaise

Loin de croire que l’économie fonctionne de manière autonome, le philosophe *Jean Bodin* affirme qu’ * »il n’est de richesse que d’hommes ».* Mais, quelle place l’homme occupe-t-il vraiment dans le système économique ?

À cette question, des pays comme le Japon, la Corée du Sud, aujourd’hui la chine ont su donner une réponse satisfaisante. Cela s’illustre par ce que sont devenus ces pays des décennies après leur independance respective. Le Sud Coréen est au centre de toutes les politiques publiques en Corée du Sud, comme l’est le japonais. Ce sont des économies bâties sur l’homme et qui savent en prennent soin.

Peut-on en dire la même chose au Gabon ? Quelle est la place du gabonais dans son propre système économique ?*

Le Conseil de Ministres tenu le 25 juin dernier a accouché de bonnes initiatives, notamment:

– *Accorder la priorité d’embauche aux nationaux et valoriser la main-d’œuvre gabonaise :* En donnant la priorité aux travailleurs gabonais, le gouvernement souhaite réduire le chômage local et renforcer l’économie nationale.

– *Restreindre le recours à la main-d’œuvre étrangère à des postes de responsabilité à hauteur de 15% du maximum du personnel à embaucher* : Seuls les postes nécessitant une expertise particulière et une haute responsabilité pourront être occupés par des étrangers.

– *Faire coïncider la délivrance des autorisations d’emploi aux besoins du marché* : Les autorisations de travail pour les étrangers seront délivrées en fonction des besoins réels du marché du travail gabonais, afin d’éviter une saturation des postes par des travailleurs non-nationaux.

Tout de même nous pouvons émettre certains bémols.* Le Minsitre du Travail lors de son intervention dans *l’Émission les Grands Dossiers* nous avait avec peine et impuissance exprimer la situation de son Ministère qui est caractérisé par un *manque d’effectifs (67 inspecteurs* du travail pour tout le Gabon si j’ai bien retenu le chiffre) et un *déficit criard en matériels roulants* pour la supervision et le contrôle sur le terrain. Situations qui souvent favorisent la corruption des agents.

QUESTIONS:

1- Cette situation concernant le manque d’effectif et le très faible nombre du matériel roulant, la corruption qui gangrène le Ministère, a-t-elle déjà été réglée au Ministère du Travail pour que les personnes en situation de recherche d’emploi soient convaincues des mesures prises ?

2- Si non, comment penser que le chômage va reculer simplement sur la base des arrêtés dans un conseil de Ministres, lorsque techniquement rien n’est encore fait ? Est-ce là encore une autre charrue avant les boeufs ?

3- Quelles mesures pour l’entrepreunariat des jeunes qui n’ont plus l’âge d’intégrer ni l’administration, ni les grandes entreprises ? Quelles mesures pour le secteur informel encore une fois detenu par nos frères étrangers ? Que fait-on une fois de plus pour que les gabonais soient maître de ce secteur ? Le CTRI et son gouvernement sont l’élite de ce pays, vous êtes sensés apporter des réponses concrètes et palpables aux problèmes de vos compatriotes.

4- Quelles mesures prises pour intéresser les jeunes gabonais au travail ? Lorsqu’on sait le désamour de nos compatriotes au travail, même ceux qui en ont un, travaillent souvent par dépit. Les 5% réservés aux étrangers dans les petits boulots, si la question n’est pas réglé reverra ses derniers revenir en force où les gabonais seront aux abonnés absents.

5- N’est-il pas venu le temps de déconstruire dans la conscience collective l’idée du travail qui se conçoit tout simplement dans un bureau climatisé avec à la clé une voiture ? N’y a-t-il pas moyen de lancer des *campagnes publicitaires* allant dans le sens de rééduquer cette jeunesse en leur montrant que l’argent est partout et qu’il n’a pas d’odeur ? Tant que l’imagerie qu’ils nourrissent du travail ne changera pas, aucun effort ne viendra de leur part. Le pays ne sera pas transformé parce que le travail sera orienté là où, il ne produit rien du tout. Et je puis vous assurer, que ceux qui travaillent plus que nous gabonais, c’est-à-dire nos frères venus d’ailleurs s’accapareront de notre pays à la sueur de leur front sans trop forcer. Même vous gabonais, qui vous enorgueillissez de votre travail, vous serez esclave au Gabon, y compris le Président de la République.

Jean-Arsène HOULA-HOULA, Analyste financier – économique et politique

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