« Du 17 août et 30 août » par Tare Evivi NGUEMA

Comment faire cohabiter le 17 août et une autre célébration nationale?

C’est probablement la planche qui a été soumise à quelques conseillers officieux du CTRI. La question est loin d’être nouvelle.

La tentation d’éclipser la fête nationale du 17 août a souvent habité chaque nouveau président.

Durant la période de La Rénovation d’Omar Bongo la fête du 12 mars était devenue plus populaire et plus festive. En 1990, le retour au multipartisme a permis de remettre le 12 mars à sa place. Aujourd’hui le 12 mars n’est plus qu’une banale fête de quelques militants du PDG.

Cette tentation de lancer une autre célébration nationale a également habité Ali Bongo et son « émergence ».

En initiation la journée du Drapeau et son ordre de la Panthère noire, Ali Bongo voulait en faire un grand moment de communion nationale. La date du 9 août ne fut pas choisie au hasard. Le 9 renvoyait à son jour de naissance (09 février) et août pour le mois de l’indépendance du pays. Il noua ainsi au travers de l’ordre de la Panthère un lien entre sa personne et le drapeau et la nationale. Vêtu de sa curieuse redengote, baisant le drapeau gabonais entendait lancer un nouvel amour pour la patrie.

Bien qu’évincé du pouvoir Ali Bongo a légué la fête du drapeau aux milita du CTRI

Chez Oligui Nguema et les militaires du CTRI la tentation reléguer la fête du 17 août au simple défilé et transférer le côté populaire et festif à la célébration du 30 août qui marque l’arrivée des membres du CTRI au pouvoir.

Cette possibilité n’est pas écarter.

Le discours du 16 août 2024 le laisse penser. Une adresse à la nation, sans grand enjeu qui donne l’impression qu’un autre discours plus important avec des grandes annonces, suivi d’une verticale fête est en préparation. Le 30 août 2023 est une grande date, personne ne peut le contester. Tout comme le fut le 12 mars pour la génération d’Albert Bongo. Là n’est pas la question.

Le problème c’est de savoir jusqu’où va-t-on mettre le curseur de la limite pour que cette nouvelle célébration.

Cela commence toujours par un premier anniversaire qui donne le tempo. Beaucoup militent auprès du CTRI pour en faire un grand événement, histoire de bien marquer les esprits et d’asseoir le culte d’un nouveau chef, le Général Brice Clotaire Oligui Nguema.

Dans notre pays, qui dit fête dit aussi d’argent. Le trésor public sera-t-il sollicité pour faire couler la bière dans les quartiers ?

Allons-nous entendre crépiter quelques coups mitraillettes afin de rappeler cette nuit du 30 août 2023 ? Et pour parfaire la fête, des chèques seront-ils encore distribués ?

Patience. On le saura bientôt.

Dans tous les cas, le 17 août survivra à toute nouvelle volonté d’en faire une fête secondaire.

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