Le Gabon traverse actuellement une période cruciale de son histoire, marquée par les réalisations du Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI).
Cependant, il est important que les Gabonais ne se laissent pas aveuglément séduire par ces accomplissements, mais qu’ils gardent en tête la nécessité d’une restauration solide et durable des institutions démocratiques. Si les actions du CTRI, pour certaines louables, visent à stabiliser et améliorer le quotidien des citoyens, elles ne doivent en aucun cas détourner l’attention de l’objectif ultime : la construction d’un État de droit et la mise en place de fondations démocratiques solides.
L’histoire nous enseigne que la consolidation du pouvoir autour d’un groupe, aussi bien intentionné soit-il, peut rapidement mener à la dérive autoritaire si les institutions démocratiques ne sont pas renforcées. Il est donc crucial de rappeler que, plus qu’une série de réalisations immédiates ou d’infrastructures tangibles, ce dont le Gabon a besoin, c’est d’institutions capables de garantir à tous les citoyens un avenir juste, équitable, et libre. Cela ne signifie pas que les membres du CTRI sont des dictateurs en puissance, mais plutôt que, pour éviter de reproduire les erreurs du passé, nous devons tous refuser toute forme de culte de la personnalité et privilégier une gouvernance basée sur des principes démocratiques clairs.
Soutenir aveuglément les actions du CTRI, sans critique ou réflexion, comporte le risque de reléguer la restauration des institutions au second plan.
Or, c’est précisément cette restauration qui doit être au cœur de nos préoccupations. L’histoire récente du Gabon est parsemée d’exemples où les élites ont poursuivi des intérêts individuels au détriment de l’intérêt général. Courir derrière les postes ou les nominations ne doit pas devenir une priorité, car cela ne conduit qu’à une satisfaction temporaire et personnelle, au lieu de garantir un avenir prospère et stable pour le pays.
Les anciens barons du Parti Démocratique Gabonais (PDG) sont un exemple concret de cette dynamique. Ils ont servi un système qui, malgré ses promesses de modernisation et de développement, a conduit à un affaiblissement des institutions, plongeant le Gabon dans une crise politique et sociale profonde. Demain, ces anciens barons devront répondre non seulement aux questions de la nation, mais surtout à celles de leurs descendants, sur la manière dont ils ont pu soutenir un régime aux pratiques douteuses.
Aujourd’hui, nous devons apprendre de ces erreurs et orienter nos efforts vers la création d’un Gabon où chaque citoyen est protégé par des lois et des institutions solides, indépendamment de la personne au pouvoir. C’est en restaurant la justice, la liberté et la démocratie que nous pourrons garantir un avenir durable, non seulement pour nous, mais aussi pour nos enfants et leurs descendants. C’est ainsi que nous pourrons véritablement « sauver le Gabon », pour qu’il puisse nous sauver à son tour.
Célestin ONIANE NGUEMA

