Le 30 août 2023, les militaires avaient deux choix:
1/Prendre leur argent,tuer leurs compatriotes comme le firent leurs prédécesseurs en 1993,2009 et surtout 2016 afin de maintenir le système BONGO-PDG;
2/Prendre le risque de se faire tuer en faisant un coup d’État contre le système sous lequel ils étaient aux ordres.
Ils ont fait le 2ième choix sans y être obligé avec tous les risques que cela implique, réalisant ainsi ce qui peut être qualifié de coup d’État après les tentatives du 18 février 1964 sous les ordres du Lieutenant Jacques MOMBO qui durera 24 heures et du 07 janvier 2019 sous les ordres du Lieutenant Kelly ONDO qui dura moins de 5 heures. Celui du 30 août 2023 aurait pu connaître le même sort, peu importe le nom qui peut lui être donné « faux coup d’État, révolution du palais, etc… » la réalité est qu’un système a été bousculé et que dans aucun pays au monde on ne le détruit définitivement en quelques jours.
On peut l’aimer ou non, je puis pour ma part affirmer ici que nous avons la chance d’avoir un vrai patriote et bâtisseur à la tête de notre Transition (cela est vérifiable par la structuration de la GR.R ses derniers années sous ses ordres) mais assurément pas un politicien comme beaucoup de gabonais y ont été habitué. Nous avons quelqu’un qui parle avec le cœur comme tout patriote et non la tête comme tout bon politicien, chose qui choque plusieurs à la suite de certains discours, ces derniers étant habitués aux discours mielleux des politiciens.
Si je puis affirmer cela du Président de la Transition et par extension des militaires du CTRI, je ne pourrai jamais l’affirmer des autres acteurs de cette transition qui demeurent largement dominée dans ses organes par près de 80% des politiciens, majoritairement issu du système déchu. La politique demeurera l’art de la compromission, de la trahison et de l’intrigue,mais jamais de la sincérité.
S’agissant du Président de la Transition, en toute franchise, on peut tout lui reprocher mais pas cette volonté de vouloir rapidement transformer le pays et répondre le plus rapidement possible aux besoins de ses compatriotes. Cette volonté de corriger la situation chaotique héritée au 30 août 2024 peut créer incompréhension chez certains car estimant qu’il n’en est pas comptable et ne doit se mettre cette pression. Dans la vie, il y a de ceux qui forcent pour paraître humble et patriote comme les politiciens et ceux qui le sont en réalité comme le Président de la Transition ;loin ici pour moi de faire du Président l’Homme parfait, il ne l’est et ne le sera jamais car fait de chaire et de sang comme tous,avec des défauts et des qualités.
Dans cette Transition, se mêlent les Hommes politiques (près de 80% dans les organes de la Transition) et le reste représentant les acteurs militaires et ceux de la société civile. Les militaires et les acteurs civiques ont en commun l’exigence de l’exercice d’une bonne politique par les politiques. Comme dans tous les pays du monde, les choix des décideurs sont fortement influencés par les collaborateurs et certains.
Les politiciens par nature sont plus orientés conquête et préservation du pouvoir, les militaires seront plus portés actions concrètes sur le terrain et les acteurs civiques plus orientés respect des droits humains et des causes défendues. Mais de tout cela, il est important de ne pas s’éloigner de l’objectif principal : RESTAURATION DES INSTITUTIONS.
Pour ma part, je suis et demeure acteur civique ne nourrissant aucun vœu de faire carrière politique comme on le sait tous. D’ailleurs, c’est l’échec du politique et la très haute compromission de ce dernier qui nous a par exemple conduit à devenir candidats aux législatives et locales 2018, le même échec du politique qui a conduit les militaires à prendre le pouvoir le 30 août 2023. Ma présence au Parlement relève plus du prolongement de l’engagement civique afin de contribuer à prendre des textes bénéfiques pour tous que l’action politique qui vise à demeurer au Pouvoir.
Aussi, même si cela choque et je tiens à rester factuel, je ne connais aucun pays où les militaires ont pris le pouvoir par les armes après constat de l’échec du politique et la population a émis le vœu de voir aussitôt ledit pouvoir être remis aux politiciens (même si on dit remettre le pouvoir aux civils, on est tous conscients que ce civil est le Politique d’abord). Que cela soit dans les autres pays en Transition Mali, Burkina-Faso, Niger, Guinée, Tunisie, etc… les populations ont fortement invité les responsables militaires à se présenter aux futures élections, certains pays allant jusqu’à proposer 5 ans de Transition avant les élections au Gabon lors de leurs Dialogues. Au Gabon, nous n’avons eu ni appel du Président à être candidat et encore moins une proposition d’une durée longue de la Transition dans les conclusions de notre Dialogue.
Je veux rester le plus réaliste possible, le Gabon, sera-t-il ce premier pays où des militaires ayant pris le Pouvoir pour cause d’échec de l’acteur Politique vont aussitôt le remettre à ce dernier?
La fois où cela s’est produit avec Jerry Rawlings du Ghana, il a dû faire un autre coup d’État quelques mois après après avoir constaté que le politique a qui le pouvoir venait d’être remis à la faveur d’une élection avait repris ses mauvaises habitudes.
De 1990 à aujourd’hui, quel acteur politique n’ayant pas été dans le moule du système BONGO-PDG peut incarner les véritables aspirations du peuple ? En toute franchise ? La plus part des Leaders politiques gabonais, il faut se l’avouer, sont issus de la même école PDG à plus de 80%. La Transition à mon sens, doit être perçue par les citoyens comme l’opportunité de renouveller la classe politique, lequel renouvellent doit commencer par les élections législatives et locales.
S’il y avait élection demain en excluant toute éventualité d’un militaire, ce sont les mêmes politiques qui se baladent depuis 1990 entre Opposition et Majoritaire qui seront les principaux challengers, disons-nous la vérité. L’enjeu comme je l’ai toujours dit demeure au niveau du contrôle du Pouvoir Législatif et des collectivités locales. Quel Parlement d’après transition devons-nous avoir pour mieux contrôler le Pouvoir Exécutif (avec un militaire ou un civil à la tête) ? Les gabonais sortant de plus de 60 ans de gestion chaotiques des politiques prendraient-ils le risque de confier aussitôt le pouvoir aux mêmes politiques ? Moi, non.
Cependant, cette évidence ne doit pas être la raison de nous tromper de contexte entre soutien du Président de la Transition et objectivité exigée par ce dernier afin de l’aider à une meilleure prise de décision. Pour ma part, je m’inscris en tout réalisme dans la deuxième approche, chose que les politiques par exemple trouveront incohérentes car nomination rime pour plusieurs avec OUI à tout même quand on n’y comprend pas grand chose. Malheureusement,l’acteur civique que je suis, fidèle à la parole qu’il a donnée de contribuer au succès de la Transition dit OUI uniquement à ce qu’il comprend car c’est cette objectivité qui m’est reconnue.
Enfin, le Gabon revient de loin, ces militaires du CTRI, même si on ne le dit jamais assez, ont pris le risque de sacrifier leurs vies pour déjà éviter un énième massacre comme en 2016 et par dessus libérer le Gabon du dictat d’un système. Cet acquis, nous devons le préserver, restaurer notre pays par la restauration des institutions qui doit demeurer la priorité et ce, loin des actions des politiques qui veulent profiter de la Transition pour se refaire une virginité politique.
Nous devons contribuer à inscrire le CTRI dans l’histoire de la façon la plus noble possible loin de tout calcul politique.
Chaque chose en son temps !

