Dans un communiqué en date du 1er septembre 2024, Dynamique Unitaire (DU) par l’entremise de son Secrétaire général adjoint Jean Bosco BOUNGOUMOU BOULANGA manifesté son soutien aux travailleurs de la COMILOG et interpelle solennellement les plus hautes autorités du pays, en tête desquelles le CTRI, face à la tournure irréversible et inquiétante avec l’expiration le mardi 3 septembre 2024 à minuit, du préavis de grève déposé par le collectif des syndicats du plus grand fleuron de l’économie nationale : la COMILOG.
Compte tenu de la détermination dudit collectif qui porte des revendications légitimes et légales suite aux deux assemblées générales des travailleurs des 13 et 14 août dernier à Owendo et Moanda, il faut craindre que le séisme généré par la grève dès le 4 septembre affectera les recettes fiscales, les dividendes des actionnaires dont l’État gabonais, le chiffre d’affaires de nombre d’entreprises sous-traitantes et, par conséquent, l’emploi dans un pays déjà miné par un chômage endémique. De ce désastre potentiel, DU prend à témoins l’opinion publique pour qu’une sortie de crise par le haut au profit des travailleurs soit privilégiée : il en va de l’intérêt supérieur de la nation. Néanmoins, DU reste fondamentalement attachée aux libertés fondamentales dont la liberté syndicale et son corollaire la grève, en laissant une perspective à la négociation.
C’est dans ce sillon que le collectif des syndicats de la COMILOG a déposé un préavis de grève le 16 août dernier, conformément à l’article 383 du Code du travail qui dispose que : « Le préavis doit préciser les motifs du recours à la grève et doit parvenir dix jours francs avant le déclenchement éventuel de la grève à la direction de l’entreprise ou de l’organisme intéressé et à l’inspection du travail du ressort. Il mentionne le champ géographique et l’heure du début ainsi que la durée limitée ou non, de la grève envisagée. Le préavis ne fait pas obstacle à la négociation en vue du règlement du conflit ». Cependant, la COMILOG est-elle réellement disposée à négocier en vue d’une paix sociale ?
En effet, les travailleuses et les travailleurs de la COMILOG sont excédés de la terreur, de l’amateurisme, du mépris, du harcèlement, de la discrimination et de l’entourloupe qui imbibent le management de l’entreprise minière depuis la prise de fonction de Léopold BATOLO particulièrement en tant qu’administrateur-directeur général le 1er janvier 2019. Ces dérives sont devenues une gangrène prenant en otage le dialogue social et le bien-être des employés. Elles sont ainsi à l’origine du bras de fer qui a eu lieu le jeudi 29 août dernier à la réunion convoquée par l’inspecteur du travail de Moanda, sur la base de l’article 393 du Code du travail stipulant que : « Dans les entreprises privées, l’inspecteur du travail du ressort informé d’un différend collectif par la partie la plus diligente, convoque les parties dans les plus brefs délais en vue de procéder à la conciliation ». Cette réunion s’est soldée par une non conciliation que l’inspecteur du travail, contre toute attente, refuse de consigner par un procès-verbal, avec la complicité tacite de la COMILOG et en violation des dispositions suivantes de l’article 394 dudit code : « En cas de conciliation partielle ou de non‐conciliation, le conflit est soumis soit à la procédure de médiation, soit à la procédure d’arbitrage prévue par la présente loi. Le procès‐verbal de conciliation partielle ou de non‐conciliation est adressé au greffe du tribunal du travail du ressort, au Ministre en charge du Travail et au Ministre de tutelle par l’inspecteur du travail du ressort ».
En filigrane, la COMILOG prône le pourrissement puisqu’elle obstrue les pistes de recourir à la médiation, dispositif prévu par l’article 395 du Code du travail qui consiste à désigner d’un commun accord un médiateur aux fins de favoriser le règlement amiable du conflit. En effet, comme le précisent les articles 397 et 399 dudit code, le médiateur a les plus larges pouvoirs pour s’informer de la situation économique des entreprises et de la situation des travailleurs concernés par le conflit. Il peut procéder à toutes enquêtes auprès des entreprises et des syndicats et requérir des parties la production de tout document ou renseignement d’ordre économique, comptable, financier, statistique ou administratif susceptible de lui être utile pour l’accomplissement de sa mission. Il peut recourir aux offices d’experts et, généralement, à toute personne qualifiée susceptible de l’éclairer. Enfin, il statue en droit sur les conflits relatifs à l’exécution des lois, règlements, conventions ou accords collectifs de travail ou autres accords en vigueur, et sur les conflits relatifs aux salaires ou conditions de travail qui ne sont pas fixées par les dispositions des lois, règlements, conventions ou accords collectifs.
En phagocytant le recours à la médiation, la COMILOG bloque finalement le recours au CTRI, car le collectif des syndicats ne voit que le CTRI comme seul médiateur crédible pour une réelle sortie de crise. Plus grave, DU assiste à la multiplication d’intrigues pour isoler et acculer le collectif des syndicats, à travers de pseudos syndicalistes venus de Libreville et pris en charge à Moanda par on ne sait qui, pour dissuader vainement les leaders du collectif de déclencher la grève. Dans le même temps, des journaleux sont mis à contribution pour pondre des articles nauséabonds contre la revendication sociale à la COMILOG. Par-dessus tout, les instigateurs de ces intrigues tapis dans l’ombre au profit des dirigeants de l’entreprise ne se soucient guère des performances véritables de l’entreprise, tout comme de son image à la lumière d’une RSE opaque et improductive. Ces intrigants renforcent la vigilance de DU depuis la création en 2021 du Syndicat des Travailleurs des Industries Minières et Métallurgiques (STRIMM) qui s’est aussitôt affilié à DU. Cette vigilance s’inscrit dans le prolongement de l’examen de signalements dès 2019, provenant de travailleurs soucieux du développement de l’entreprise mais dépités du management.
Pour rappel, depuis le 30 août 2023, leurs espérances en un avenir meilleur se greffent naturellement au processus de restauration des institutions, des valeurs et des pratiques. C’est pourquoi, DU apporte massivement son soutien indéfectible au STRIMM ainsi qu’aux autres syndicats du collectif, et les invite à maintenir leur solidarité et leur détermination. Car, les travailleuses et travailleurs de la COMILOG, ont le droit de revendiquer un changement pour plus de dignité et d’équité. Dans cet élan, DU met en garde les syndicalistes véreux qui se sont rendus à Moanda pour une barbouzerie afin de déstabiliser le collectif des syndicats.
Dans cet ordre, il revient désormais aux plus hautes autorités du pays de prendre en mains le dossier au nom du progrès social.

