L’agitation naissante sur certaines dispositions de la nouvelle Constitution, en l’occurrence sur le Vice-Président du gouvernement est totalement incohérente. Il est donc essentiel d’apporter des précisions. Il faut déjà rappeler que cette pratique n’est pas une nouveauté au Gabon.
En effet, l’histoire politique du pays montre des précédents similaires, comme en témoigne le **Décret N° 413/PR du 25 décembre 1964**, qui modifiait la composition du gouvernement et instituait le poste de **Vice-Président du Gouvernement chargé de la Justice**, occupé par **M. Yembit Paul Marie**.
À cette époque déjà, le rôle du Vice-Président n’était pas d’exercer une fonction exécutive autonome, mais plutôt d’assister le Chef de l’État dans ses responsabilités gouvernementales, avec un accent particulier sur un secteur bien spécifique. Rappelons avant toute exploration de notre sujet que le rôle du Vice-Président de la République est d’assurer l’intérim en cas d’absence de courte durée du Président, mais il est fondamental de préciser qu’il ne gère pas la vacance du pouvoir, laquelle est couverte par d’autres mécanismes constitutionnels.
Pour éclairer certaines lanternes, il est bon de signifier que : Dans les nouvelles dispositions le Président de la République reste à la fois Chef de l’État et Chef du Gouvernement, et c’est à lui que revient la prérogative de déléguer des missions précises à son Vice-Président. Ce dernier, par exemple, peut préparer les dossiers en amont des **Conseils des Ministres**, sans pour autant être investi du rôle de Chef du Gouvernement, à la différence d’un Premier ministre. Aujourd’hui, la responsabilité du Chef de l’exécutif devant le peuple souverain est totale.
Cela veut très simplement dire que, le Vice-président du gouvernement n’est pas le Chef des Ministres. C’est un ministre comme les autres sous l’autorité directe du Chef de l’État, avec la seule prérogative de convoquer des conseils des ministres bien-sûr sur instruction directe du Président de la République. Il n’assure pas l’intérim en cas de vacance du pouvoir. Spécifions que la possibilité pour le Vice-Président de convoquer un Conseil des Ministres n’est effective qu’en cas d’empêchement du Président et toujours sur instructions de ce dernier, soulignant ainsi la subordination de ce poste à l’autorité présidentielle. Cette organisation institutionnelle renforce l’idée que la fonction de Vice-Président, bien que prévue par la Constitution, n’est pas une obligation. Sous **Ali Bongo Ondimba**, ce poste est resté vacant, preuve que la nomination d’un Vice-Président est laissée à l’appréciation du Président en fonction. C’est lui qui décide.
La nouvelle Constitution et l’organisation politique
Même si la nouvelle Constitution prévoit l’existence d’un Vice-Président, cela n’impose pas au futur Président de le nommer systématiquement. Cependant, le fait que cette disposition soit inscrite dans la loi garantit qu’une telle nomination est possible si les circonstances le requièrent. Cette flexibilité est une force de l’organisation institutionnelle gabonaise, qui s’adapte aux réalités politiques et aux priorités du moment.
Il est aussi important de souligner que cette nouvelle organisation pourrait paraître inhabituelle, voire déroutante pour certains observateurs.
Pourtant, il n’existe pas de modèle standard en matière d’organisation étatique. Chaque pays façonne ses institutions selon son contexte, ses défis et son histoire. Des exemples sont nombreux en Afrique.
Au **Congo-Brazzaville**, par exemple, le Vice-Président est une figure institutionnelle importante, mais avec des prérogatives spécifiques qui varient. Au **Cameroun**, l’organisation gouvernementale place un poids particulier sur le Premier ministre. En **Côte d’Ivoire**, le Vice-Président occupe un rôle clé, tout en étant subordonné au Président, les exemples sont légion même en Occident, Angleterre, Espagne, Chine, Russie, États-Unis, chacun a son modèle.
Ce qu’il faut retenir, c’est que chaque État adopte un schéma institutionnel qui répond à ses enjeux nationaux. Le Gabon, en évoluant vers une structure gouvernementale incluant ou non un Vice-Président, illustre bien cette flexibilité constitutionnelle. Le changement est une composante naturelle de la vie politique et les citoyens devront s’adapter à ces nouvelles dynamiques.
OTAMBIA

