Conclusions du DNI soumises à la Constitution : Devons-nous craindre de renforcer les critères d’éligibilité à la fonction suprême

Le Gabon a amorcé la rédaction de sa nouvelle Constitution en se basant sur les conclusions du Dialogue National Inclusif, diversement Certaines dispositions suscitent plusieurs débats, celles en rapport avec les critères d’éligibilité à la Fonction de Président de la République, la Fonction Suprême.

Du fait que plusieurs compatriotes aient au regard du passé de notre pays exigé que la Fonction Suprême soit mieux encadrée et ses critères davantage nationalisés, certains y voient de la discrimination mettant en avant le fait que ces exigences pour la fonction suprême et non pour toutes les autres fonctions viseraient à diviser le pays, créant selon eux des gabonais de première et seconde zone.

Par nature, avant de m’exprimer sur un sujet, j’aime prendre du temps en utilisant internet pour me documenter et mieux fonder mon appréciation.

Le Gabon est un et indivisible, chaque pays du monde établi ses critères pour la fonction de Président de la République souvent au regard de son passé et des réalités du pays. Au nombre des dispositions suscitant le débat, on note:

1. Être né de parents gabonais eux-mêmes nés gabonais;

2. Avoir une épouse gabonaise née de parents gabonais;

3. Avoir 35 au moins et 70 ans au trop;

4. Un mandat de 7 ans.

Tous ces critères étant ceux figurant dans le rapport du Dialogue National Inclusif reflétant la volonté de la majorité.

« Être né de parents gabonais eux-mêmes nés gabonais » n’est en rien un critère offusquant au Gabon. Ce critère était le même dans la Constitution Ivoirienne jusqu’en 2016, demeure le même dans la Constitution du Tchad, etc… Ces critères, on les retrouves aussi dans nos sociétés traditionnelles au Gabon souvent pour être reconnu comme Chef Traditionnel sans que ces communautés on ne crie à la division.

D’autres pays comme les USA,le Cameroun, Guinée-Equatoriale, etc… ont opté pour « Être citoyen de naissance  » comme pour dire que tu sois né de parents originaires de ces pays eux-mêmes originaires du pays, tant que tu n’es pas né sur le sol du pays, tu ne peux être candidat à la Présidentielle.

Des pays comme la RDC, RCA,etc…ont opté pour le terme « Être citoyen d’origine ».

Au regard de ce qui précède, peut-on dire de tous ces pays, partant des U.S.A en R.C.A qu’ils ont créé des citoyens de première et seconde zone? Chacun saura répondre objectivement sans passion.

S’agissant de l’âge de 70 ans maximum qui figure déjà dans la Constitution de 1991 et qui n’avait jamais été contesté par les mêmes politiques avant qu’ils ne soient frappés par cette mesure qu’ils avaient eux-mêmes adoptée en 1991, suis particulièrement surpris par les réactions de plusieurs.

Au Sénégal, RCA, Tchad, Guinée, Cameroun, etc… on parle d’un minimum oscillant entre 30 et 45 ans, et un maximum oscillant entre 70 et 75 ans, sachant que plusieurs pays comme la Côte d’Ivoire, la Guinée-Equatoriale, le Cameroun, etc… avaient fait sauter ce plafond quand certains candidats encore au Pouvoir voulaient poursuivre le mandat.

Chaque pays, en fonction de son histoire, se doit de prendre des dispositions pour la Fonction Suprême sans que cela ne soit perçu comme une volonté de créer plusieurs catégories de citoyens. Ces mesures spécifiques sont élaborées par chaque pays et n’ont pas un caractère universel. De 1990 à en 2023, nous avons des « premières dames », qui ont dans leurs statuts, plus investis dans leurs pays d’origines que celui de leur époux, personne en toute honnêteté, ne peut remettre cela en cause.

S’agissant du mandat, quoi que moi-même partisan de celui de 5 ans et non 7 ans, la durée de 7 ans est une conclusion du Dialogue contenue dans le rapport et non remis en cause par la majorité des participants. Cette durée on la retrouve également dans plusieurs autres pays sur le continent.

Est-ce discriminatoire de retenir ces critères notamment sur la nationalité ou l’âge alors que cela existe dans tous les pays du monde ?

Que chacun réponde en toute objectivité, pour ma part, s’agissant de la fonction suprême, je ne trouve aucun inconvénient. Je serais simplement gêné que cela s’applique à toutes les fonctions en dehors de celles relevant de la sûreté et sécurité nationale pour des raisons stratégiques.

Geoffroy Foumboula Libeka Makosso

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