« Entre concentration et séparation des pouvoirs : le Gabon à la croisée des chemins » par Geoffroy Foumboula Libeka

L’histoire politique de notre pays et celle des pays classés comme les plus démocratique du monde, doit suffisamment nous enseigner sur la nécessité d’organiser un État autour d’un système fort et non des personnes fortes.

D’aucuns diront que la Chine, etc… figure parmi les pays les plus développés sans avoir recours à un système démocratique comme on l’entend. Je réponds souvent, commençons par apprécier les pays qui ont la même histoire que nous (Afrique, esclavage…).

Les pays les plus développés du continent sont situés dans l’Afrique Australe, de l’Est et de l’Ouest et ont majoritairement mis en place une organisation démocratique permettant d’éviter de concentrer les pouvoirs autour d’une fonction ou d’une personne, une véritable séparation des Pouvoirs. Le résultat est implacable, ils ont le meilleur système routier, transport, éducation, santé, etc… Et pourtant, ces pays ont connu des Hommes Forts mais ont oeuvré à doter leurs pays d’un système fort et impersonnel.

Le danger de la culture de gouvernance est Afrique Centrale, zone jugée la moins démocratique du Continent mais aussi la plus riche tant en ressources naturelles qu’en environnementales, zone où nous croyons bon de chercher à bâtir des Hommes Forts et non des États forts. L’Afrique Centrale est la zone où il y a le plus de modification de la Constitution pour toujours l’adapter à l’Homme qui dirige afin qu’il demeure le plus longtemps au Pouvoir. Une réalité qui fait également de notre zone celle des longévités au Pouvoir et des longévités en matière de sous-développement.

S’agissant du Gabon, Omar BONGO ONDIMBA a été en son temps le plus jeune Président du Continent avec plus de 40 ans d’exercice du Pouvoir. Sur ces plus de 40 ans d’exercice du Pouvoir, les plus grandes réalisations au Gabon (Routes, Cité de la Démocratie, Chemin de fer, Air Gabon, Africa N°1, O.P.T (Gabon Telecom), Universités, Lycée Technique, HEVEGAB, CECA-GADIS dans la distribution, COMUF, COMILOG, SNBG, etc…) l’ont été au cours de ces 10 voir 20 premières années d’exercice car il était jeune, motivé et déterminé. En 1990, le Gabon a eu l’opportunité de corriger cette erreur en dépersonnalisant le Pouvoir; là encore, les politiques toujours dans la logique de préserver leur intérêt ont oeuvré à concentrer et renforcer tous les pouvoirs autour de l’Homme fort quand au même moment dans d’autres pays du Continent la tendance était à la dépersonnalisation du Pouvoir. Résultats des courses, pris en tenaille par le système qu’il croyait contrôler mais qui dorénavant le contrôlait, lui qui en concentrant les Pouvoirs contrôlait aussi l’État, tous les acquis des 20 premières années ont été détruits au cours des 30 années suivantes (Routes dégradées, Société privatisées, Africa N°1, Air Gabon, Gabon Telecom, cité de la démocratie détruite, etc…).

Ici même, l’illustration du danger lié à la concentration des Pouvoirs visant à bâtir des Hommes Forts et non des États Forts. Cela marche souvent au début car toute personne qui arrive au Pouvoir vient toujours pour démontrer qu’elle peut faire mieux que ses prédécesseurs, Léon MBA au début de son magistère l’a fait, Omar BONGO ONDIMBA également, Ali BONGO ONDIMBA pareil (NKOK, etc…), mais, ils ont tous été gagné par l’usure du Pouvoir devenant simplement des cautions morales pour le système qui s’accaparait les biens du pays plongeant la population dans la pauvreté. Allons nous tirer les leçons de notre histoire passée sur la Gouvernance d’un État ou allons nous reproduire la même chose ? Allons nous penser Gabon Fort ou Dirigeant Fort ?

Seul l’avenir nous dira entre concentration et séparation des Pouvoirs, quelle est la meilleure approche susceptible de garantir un développement continu de notre pays.

Pour ma part, je continue de croire à l’efficacité de la séparation des Pouvoirs pour garantir un développement continu d’un pays.

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