« Les vraies intentions derrière la lettre d’Ali Bongo Ondimba » par Dr Jean Aimé Mouketou

La lettre d’Ali Bongo-Ondimba, ancien Président contesté du Gabon entre août 2009 et août 2016, publiée dans divers journaux et sur les réseaux sociaux, soulève, si elle est authentique, plusieurs points préoccupants.

Primo, Ali Bongo-Ondimba se positionne clairement en victime, alors que son régime a été marqué par des actes répressifs et des atteintes aux droits de l’Homme. Il passe sous silence la gravité des crimes de son régime, notamment les meurtres de civils, la fraude électorale en 2009 et particulièrement en 2016, ainsi que le pillage des finances publiques.

Secundo, bien que l’appel d’Ali Bongo-Ondimba à la réconciliation nationale puisse sembler noble ou acceptable pour nous chrétiens, il manque de responsabilité morale, car il omet de reconnaître l’ampleur des souffrances qu’il a infligées au peuple gabonais durant plus d’une décennie. Dans la Bible, 2 Corinthiens 5:18 nous rappelle : « Tout cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par Christ, et qui nous a donné le ministère de la réconciliation ». De même, Matthieu 18:15 dit : « Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère ». Enfin, Colossiens 1:20 déclare : « Il a voulu par lui réconcilier tout avec lui-même, tant ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux, en faisant la paix par lui, par le sang de sa croix ». Mais, en se concentrant sur la libération de son épouse Sylvia Bongo-Ondimba, née Sylvie Valentin, et de son fils Noureddin Bongo Valentin, Ali Bongo-Ondimba détourne l’attention des nombreuses victimes de son régime. En accordant la priorité à sa famille, le dictateur déchu minimise les abus et les souffrances infligés au peuple gabonais durant plus d’une décennie, transformant ainsi une crise nationale en une affaire personnelle. Cette focalisation sur sa famille occulte les graves injustices et les douleurs subies par le peuple, et empêche une véritable reconnaissance et réparation des torts infligés, indispensables pour une réconciliation authentique et durable.

Enfin, en déclarant qu’il ne souhaite plus être une source de « menace ou de trouble », Ali Bongo-Ondimba cherche à réhabiliter son image sans reconnaître pleinement ses erreurs passées. Les Écritures Saintes, dans Jacques 5:16, nous enseignent, « Confessez donc vos péchés les uns aux autres, et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris ».

Le bilan du dictateur stalinien déchu Ali Bongo-Ondimba est volontairement édulcoré, et il ne prend pas véritablement la responsabilité des injustices structurelles qu’il a laissées derrière lui. En cherchant à se réhabiliter, il omet volontairement de reconnaître et de réparer les torts infligés au peuple gabonais, ce qui est fondamental pour instaurer une véritable réconciliation et justice.

In fine, la lettre du dictateur déchu Ali Bongo-Ondimba vise davantage à protéger sa famille et son héritage plutôt qu’à exprimer un acte sincère de repentance ou un véritable dévouement à la justice et à la vérité au Gabon. Face à la situation d’Ali Bongo-Ondimba, de sa femme et de son fils, ainsi que de bien d’autres, le Président Oligui Nguema et ses collègues militaires du Comité de Transition et de Restauration des Institutions (CTRI) devraient laisser la justice suivre son cours. Cela permettrait d’éviter que les mauvaises langues, les ennemis du Gabon et les complices du régime déchu, toujours tapis dans l’ombre, ne crient aux règlements de compte.

La réconciliation nationale souhaitée par Ali Bongo-Ondimba pourrait suivre l’exemple du modèle sud-africain. Ali Bongo-Ondimba doit demander pardon publiquement au peuple gabonais, par exemple en direct sur toutes les chaînes de télévision et radios nationales et privées. Nous devons nous réconcilier sincèrement, car c’est par cette réconciliation que nous, enfants du Gabon, pourrons ensemble bâtir notre pays, en pensant aux générations futures.Que la bénédiction de Dieu soit sur le Gabon, ses nouveaux dirigeants et son peuple

Dr. Jean-Aimé Mouketou, Géographe, enseignant, Citoyen gabonais, Acteur engagé de la Diaspora Gabonaise et de la Société civile.

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