L’analyse que je propose repose sur plusieurs observations claires et poignantes qui reflètent le sentiment d’une stagnation politique malgré les changements récents, ainsi qu’une frustration face à la perspective d’une continuité sous une nouvelle forme, mais avec des acteurs familiers du passé.
Tout d’abord, depuis 1967, le Gabon a été gouverné par un seul parti dominant, le Parti Démocratique Gabonais (PDG). Cette mainmise prolongée sur le pouvoir a marqué plusieurs générations et façonné l’économie, la politique, et la société gabonaise.
Cependant, les résultats de cette gestion sont loin d’être glorieux : une nation riche en ressources naturelles, mais marquée par des inégalités criantes, une corruption endémique, et un développement économique qui n’a pas profité à la majorité de la population.
Comparer le Gabon à un régime à parti unique comme celui de la Chine n’a de sens que si nous considérons le mécanisme politique en lui-même. Toutefois, cette comparaison devient fallacieuse dès lors que l’on examine les résultats.
En dépit d’un parti unique, la Chine a connu une transformation spectaculaire sur le plan économique et social, avec un développement fulgurant. Le Gabon, quant à lui, n’a pas su traduire ses atouts en croissance inclusive et durable.
Cela montre bien que la question n’est pas uniquement celle de l’unicité du parti, mais surtout de la vision, de la gouvernance et des priorités des dirigeants.
Ainsi, à l’aube des prochaines élections, il est inquiétant de constater que les mêmes dynamiques risquent de se reproduire. Si un membre de la transition se présente comme candidat face à des membres de l’opposition issus du PDG, cela réaffirme l’incapacité de notre pays à réellement rompre avec son passé.
C’est une hérésie politique, un affront à la mémoire de ceux qui ont sacrifié leur vie pour libérer le Gabon des griffes de cette hégémonie politique.
Ce scénario reviendrait à dire que la révolution du 30 août n’aura été qu’un coup de théâtre, sans impact réel sur la direction future du pays.
C’est une véritable insulte à ceux qui ont risqué leurs vies pour organiser ce coup d’état, Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI).
C’est une véritable insulte à ceux qui espéraient une nouvelle ère pour le Gabon, une rupture totale avec les pratiques du passé.
Je suis de ceux qui pensent que cette élection n’aura en aucun cas un candidat du PDG. Nous avons longtemps donné à ce parti plusieurs chances de changer les choses, hélas, aucun résultat n’a suivi. *Comme l’a dit Albert Einstein*, « la folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent. »
Il est donc absurde de revenir en arrière et de retomber dans les mêmes travers. Pour ma part, je pense qu’il serait impératif de faire confiance à de nouveaux dirigeants plutôt que de ressasser les mêmes visages et pratiques usées.
Si un tel choix devait se confirmer, il reflèterait l’absurdité politique dans laquelle le Gabon est plongé depuis des décennies. Le pays serait littéralement « assis sur la tête », incapable de comprendre qu’il court à sa propre perte en réitérant des schémas politiques qui l’ont mené au sous-développement et à la division.
Ce peuple, qui aspire à une vraie libération, se retrouve à accepter, voire à encourager, ses propres bourreaux. *Comme le disait Friedrich Nietzsche*, « Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. » Mais cette maxime ne tient plus lorsque le peuple choisit de s’auto-flageller en retournant vers ceux qui l’ont opprimé.
Une telle résignation pourrait pousser à croire que le peuple gabonais est maudit, condamné à répéter les mêmes erreurs, incapable de tourner véritablement la page de l’histoire.
La question qui se pose alors est la suivante : allons-nous réellement saisir cette opportunité historique de changement, ou sommes-nous condamnés à danser éternellement le tango politique, un pas en avant, deux pas en arrière ? *Comme l’a dit George Santayana*, « ceux qui ne peuvent se souvenir du passé sont condamnés à le répéter. » L’heure est grave.
Nous devons choisir entre un véritable renouveau politique, ou la continuité masquée sous de nouveaux visages. C’est là tout l’enjeu de ces prochaines élections : soit nous construisons une nouvelle page de notre histoire, soit nous nous enfermons dans un cercle vicieux qui ne fera que renforcer l’oppression et l’injustice.

