Le poids réel de la diaspora gabonaise dans la sphère politique national mérite d’être analysé de manière rigoureuse et factuelle. En effet, si l’on se pose la question de savoir combien d’électeurs de la diaspora pèsent réellement dans le fichier électoral, la réponse est implacable, mais surtout révélatrice : presque rien et là, c’est un doux euphémisme.
En effet, les chiffres des inscrits sur les listes électorales parlent d’eux-mêmes ! Sur plus de 76 000 Gabonais vivant à l’étranger, seuls 15 000 courageux ont pris la peine de s’inscrire pour participer au futur de leur propre pays. Cela fait à peine 20% de participation ! Et pourtant, quand il s’agit de se précipiter pour prendre des photos avec le Président lors de ses visites officielles, tout le monde est là, costumes repassés et sourires de circonstance. C’est à croire que le moment le plus important pour certains n’est pas de voter, mais de figurer sur le selfie d’une délégation présidentielle. Peut-être que la politique, pour eux, se résume à un concours de popularité sur Instagram.
On aurait pu croire qu’avec la volonté affichée par Brice Clotaire Oligui Nguema de tendre la main à la diaspora, cette dernière se sentirait concernée par le processus électoral. Après tout, n’a-t-il pas multiplié les efforts pour les inclure dans son projet de renouveau? Et pourtant, non, la grande majorité préfère rester spectatrice, une main sur le clavier pour critiquer, l’autre bien loin du bureau d’inscription.
Prenons l’exemple du Rwanda. Là-bas, sur 700 ressortissants gabonais, 488 se sont inscrits. Voilà un taux de participation qui ferait rougir n’importe quel pays ! À se demander si les Gabonais vivant au Rwanda ont découvert un secret que les autres ignorent : celui de comprendre que pour changer les choses, il faut d’abord s’impliquer. Mais ailleurs ? Rien, ou presque. Que dire de ceux qui rêvent tout haut de créer des partis politiques, comme Jonas Moulenda ? Avec quel électorat ? Un parti de critiques en ligne, peut-être ? Mais hélas, le clic militant n’a pas encore de siège à l’Assemblée nationale. Il est facile de crier au scandale, de dénoncer, mais quand vient le temps de poser des actes concrets, l’enthousiasme s’effondre plus vite qu’un soufflé raté.
Nonobstant une capacité évidente à se mobiliser en masse lors des visites présidentielles à l’étranger, vous comprenez pourquoi ! Car l’on espère avoir quelques espèces sonantes et trébuchantes, l’engagement s’effondre dès qu’il s’agit de prendre des décisions importantes, comme l’inscription sur les listes électorales. En réalité, nous faisons face à une diaspora qui brille par son ambiguïté et c’est dommage.
Une telle contradiction est frappante. La diaspora gabonaise excelle dans l’activisme virtuel, les critiques virulentes sur les réseaux sociaux, et les discours enflammés sur les enjeux politiques du pays. Mais quand il s’agit de poser des actes concrets, comme s’inscrire pour voter et ainsi peser sur le destin de la nation, l’engagement disparaît presque totalement. Oui, on ne change pas le destin des pays par des discours enflammés, mais plutôt par des actes concrets. La parlotte et les insultes, c’est bien, mais l’action, c’est mieux.
Prenons l’exemple de Jonas Moulenda et consorts, des professionnels du ridicule qui prétendent aujourd’hui vouloir fonder leur propre parti politique. Mais avec quel poids politique ? Quelles bases électorales ? Alors que même pour des élections, comme celles dans la diaspora, ils ne parviennent pas à mobiliser vraiment le comble de la bêtise.
Comment prétendre influer lors du prochain référendum quand on n’a même pas pris la peine de s’inscrire sur les listes électorales ? Et demain, ces mêmes personnes seront les premières à critiquer les résultats sur les réseaux sociaux. C’est comme un citoyen qui critique un dirigeant, mais qui ne peut même pas voter pour le changer ! Ils vous diront que qu’ils votent ou pas les cartes sont jouées d’avance. La belle blague.
Pourtant, le Président de la République porte toujours une attention particulière aux membres de cette diaspora lors de ses déplacements à l’étranger. L’énergie déployée par ces Gabonais dans l’espace virtuel pourrait devenir une force véritable, mais cela nécessiterait un changement de paradigme : une mobilisation plus positive, réelle et surtout concrète.
Zo’Ebombo et Thomas Ngoghe

