Pourquoi participer au Référendum ?

Le 30 août 2023 restera gravé dans l’histoire politique du Gabon, car il marque le début d’une ère nouvelle et offre un espace d’opportunités inédit. Ce jour symbolise un tournant nécessaire pour notre pays, un moment où le PDG, autrefois puissant, a vu sa crédibilité s’effondrer, même parmi ses plus fidèles partisans.

Après une élection présidentielle qui a marqué les esprits par son caractère imprévisible, le peuple gabonais, épuisé par les difficultés économiques et sociales, aspirait à tourner la page de cette gouvernance. Le 30 août 2023 s’est alors imposé comme une étape inévitable de renouveau, confirmée par l’adhésion massive des dirigeants du PDG au CTRI, qui venait de prendre le relais. Même les plus hauts responsables du PDG avaient perdu confiance en leur parti, devenu une simple machine à conserver le pouvoir, et non plus un espace de dialogue, de tolérance et de paix.

Ce jour-là a ouvert la voie à un nouveau projet de société, et avec lui, l’opportunité de redessiner notre cadre de vie commun à travers une nouvelle Constitution. C’est une chance unique pour les générations post-indépendance de participer à la création d’un texte fondamental qui encadrera notre avenir collectif.

Le dialogue national a proposé des pistes, l’assemblée constituante a travaillé dessus, et c’est désormais au tour du CTRI, du gouvernement et du parlement de finaliser la version qui sera soumise au référendum. Leur mission est de restaurer la confiance du peuple, ébranlée par les dysfonctionnements et les abus de l’ancien régime.

Un besoin de renouveau et de clarté

Les défis sont nombreux. En plus des conditions de vie difficiles, le comportement de certains acteurs politiques engagés dans la rédaction de la nouvelle Constitution a contribué à alourdir l’atmosphère. Le Président de la Transition a tracé la voie lors du dernier séminaire gouvernemental, en appelant à la rédaction d’une Constitution moderne, qui consacre la séparation des pouvoirs, l’État de droit et les principes républicains.

Nous devons faire nôtre cet appel en veillant à éliminer les articles controversés, pour offrir une version consensuelle qui favorise le développement de l’individu dans sa dimension humaine et sociale. Il est essentiel de garantir une véritable séparation des pouvoirs, qui permette l’expression démocratique et assure que la souveraineté appartient au peuple tout entier.

Les propositions pour un cadre institutionnel solide

Nous préconisons un mandat présidentiel de 7 ans, renouvelable une seule fois, pour garantir la stabilité tout en prévenant les dérives du pouvoir.

La fonction de Premier ministre, Chef du gouvernement, devrait être rétablie, afin que le Président de la République, tout en conservant ses prérogatives, puisse se concentrer sur ses missions prioritaires.

Le Président de la République devrait continuer à définir les orientations de la politique nationale, avec l’appui du Premier ministre qu’il nomme.

La présidence du Conseil supérieur de la magistrature devrait revenir à un magistrat élu par ses pairs, garantissant ainsi une meilleure indépendance du pouvoir judiciaire.

Pour une justice et une démocratie renforcées

Nous proposons la modification de l’article 152, qui, dans sa forme actuelle, pourrait menacer la sécurité judiciaire. Si toutefois cette disposition devait être conservée, il serait souhaitable que seules les questions touchant aux droits fondamentaux et aux libertés individuelles soient déférées à la Cour Constitutionnelle, uniquement lorsque les affaires sont encore en cours.

En outre, l’indépendance des parlementaires doit être réexaminée pour éviter les risques de « vagabondage parlementaire », tout en maintenant le caractère non impératif du vote à l’Assemblée nationale.

Vers une nouvelle espérance

La Constitution de mars 1991, réactivée pour l’occasion, doit servir de guide, enrichie des recommandations des parlementaires et des aspirations populaires. Malgré les critiques que l’on peut adresser aux comportements de certains acteurs politiques, nous voulons continuer de croire en un avenir meilleur.

Participer au référendum n’est pas une obligation, mais une responsabilité citoyenne. C’est l’occasion pour chaque citoyen de contribuer activement à la refondation de notre cadre de vie commun. Je fais le choix de m’y engager, en âme et conscience, considérant que le « NON » n’est pas un impératif, mais une option parmi d’autres.

Hermann DITSOGA

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