Le Gabon se trouve à un tournant crucial de son histoire politique avec la mise en avant d’un référendum constitutionnel dont les implications sont profondes pour l’avenir de la nation. Ce projet de révision de la Constitution vise à introduire des réformes qui répondent à des préoccupations essentielles, notamment la préservation de l’identité nationale, la stabilité institutionnelle et la consolidation de la souveraineté nationale.
La nécessité d’un référendum constitutionnel.
Le référendum est l’un des instruments les plus démocratiques permettant au peuple de s’exprimer directement sur des questions d’importance nationale. Le recours à cette consultation populaire dans le cadre d’une révision constitutionnelle démontre la volonté des autorités gabonaises d’impliquer les citoyens dans des décisions qui façonnent le cadre politique et institutionnel du pays. Cette démarche s’inscrit dans une volonté de garantir que les réformes constitutionnelles reflètent les aspirations profondes de la population.
L’intangibilité de la Constitution.
L’une des propositions clés de ce référendum est la consolidation du caractère intangible de la Constitution gabonaise.
L’intangibilité, ici, se réfère à la protection de certaines dispositions fondamentales contre toute modification future, sauf dans des circonstances exceptionnelles et avec un large consensus national. Ce principe vise à garantir la pérennité de certains éléments essentiels de la loi fondamentale, assurant ainsi une stabilité politique et institutionnelle durable. Dans un pays où les changements constitutionnels ont souvent été utilisés pour répondre à des intérêts politiques immédiats, l’intangibilité de certaines dispositions de la Constitution garantit une continuité dans les règles du jeu démocratique.
La fonction présidentielle : un droit exclusivement réservé aux Gabonais de souche.
Une autre réforme majeure proposée est la clarification du droit à la fonction présidentielle, qui serait désormais réservé exclusivement aux citoyens gabonais de souche. Cette disposition soulève plusieurs enjeux d’ordre identitaire, nationaliste et symbolique. Les partisans de cette mesure estiment qu’elle est essentielle pour protéger l’intégrité de la présidence en tant qu’incarnation ultime de la souveraineté nationale.
L’exclusivité de la présidence à un « Gabonais de souche » vise à garantir que le chef de l’État ait un lien intime avec le pays, ses coutumes, son histoire et ses aspirations profondes. Cela pourrait permettre d’éviter les interférences extérieures et d’assurer que les décisions présidentielles soient en phase avec les intérêts fondamentaux du Gabon. Cette mesure reflète également un désir de renforcer le patriotisme et de valoriser la spécificité de la culture gabonaise.
Les enjeux politiques et sociaux.
Le débat sur cette révision constitutionnelle, notamment sur l’exclusivité de la présidence, a suscité des réactions diverses au sein de la société gabonaise. Certains y voient une manière de renforcer l’unité nationale et de s’assurer que le pouvoir suprême du pays reste entre les mains de ceux qui sont intimement liés à la terre gabonaise. D’autres craignent que cela puisse créer des divisions ou marginaliser certains segments de la population, notamment ceux ayant des doubles nationalités ou des liens familiaux au-delà des frontières.
Il est également crucial de noter que cette réforme intervient dans un contexte de transition politique, marquée par la récente alternance au sommet de l’État. Le référendum offre l’opportunité de repenser les fondements institutionnels du pays et de les adapter aux nouvelles réalités socio-politiques.
Conclusion.
Le projet de référendum constitutionnel au Gabon est un moment décisif pour la nation. Il permet de renforcer les fondations de la démocratie gabonaise tout en réaffirmant l’importance de la souveraineté et de l’identité nationale. Le renforcement de l’intangibilité de la Constitution et la restriction de l’accès à la fonction présidentielle aux Gabonais de souche sont des réformes majeures qui, si elles sont adoptées, pourraient marquer durablement l’évolution politique du pays. Cependant, il appartient au peuple gabonais de se prononcer et de déterminer le chemin qu’il souhaite emprunter pour son avenir.
Mr Yann, Poète-Philosophe-Activiste…

