L’étranger qui vient au Gabon peu importe les moyens, y vient d’abord pour une chose: faire richesse. Très peu viennent parce qu’ils trouvent le Gabon beau ou les gabonaises et les gabonais magnifiques. Ils viennent surtout parce qu’ils savent qu’ici, il est plus aisé de faire profit, de vite s’enrichir. Le peuple gabonais étant l’un des peuples les plus accueillants du monde. C’est à savoir si sur l’échelle de l’accueil-pays, notre pays n’est pas le premier.
De plus, ils viennent ici, parce qu’ils ont une longue culture de nous, ils nous connaissent sur plusieurs générations, les grands-parents sont venus pour le business qu’ils ont légué aux petits-enfants, ils viennent par remplacement, par propositions des anciens, et pour la continuité du business, qui ne doit jamais s’arrêter, qui doit toujours passer du bras d’un expatrié à un autre et jamais à celui d’un gabonais. Nous sommes pris à la gorge par ce jeu. Ces déplacements, ces allers et venues sur notre sol sont tout simplement économiques. J’ai entendu des histoires comme quoi, beaucoup retournent chez eux, mais tiennent toujours à renouveler leur carte de séjour, parce que le Gabon est devenu cette vache à lait qu’il ne faut jamais perdre. Cela se fait dans tous les secteurs d’activité. Dans les maisons des pièces détachées, dans les quincailleries, dans l’alimentation, dans la briquetterie, dans la restauration, dans les prêt-à-porter, dans la papeterie, dans l’électroménager, dans les magasins de grande surface, dans le transport.
Nous marquerons un arrêt et ferons un zoom sur le transport. Et je marquerai mon indignation par ce que je vois tous les jours dans ce secteur. C’est insupportable l’inflation créée par nos frères expatriés dans ce domaine. Au-delà de se lever tôt pour avoir un taxi et vaquer à ses occupations, il y a aujourd’hui une inflation, une course aux plus offrant qui s’est installée et cela aux détriment de nos populations pauvres dans la majeure partie des cas, tout cela sous le regard bienveillant des nos « autorités ».
Il est hallucinant de voir que pour des destinations où l’on payait à l’époque un montant dérisoire, qu’il soit aujourd’hui pratiqué des montants effarants. Tous les matins, par le désir d’avoir plus, nos frères expatriés mettent nos enfants en retard dans leurs différents établissements par le jeu de l’inflation. On saucissonne les trajets, on les réduit au maximum. On n’en parle pas beaucoup, mais c’est une catastrophe ! Que tu te reveilles tôt ou tard le résultat est le même: Si tu n’as pas de quoi répondre aux caprices des camerounais, des maliens, des béninois, des sénégalais, et autres dans ce secteur, tu vas arriver à coup sûr chaque jour en retard sur ton lieu de travail ou d’apprentissage ou d’écolage.
Un État-nation ou les leaders ne s’occupent que du commandement et de la chefferie en exacerbant le vivre ensemble par le jeu du tribalisme, sans véritable organisation et structuration de la société, finira par conduire ouvrir la porte aux désirs les plus voraces et permettre le martyr aux populations diminuées. Cet état de fait sera bien accueilli pour le calculateur qui est rentré dans notre pays pour capter sa richesse. C’est le constat que je fais au Gabon.
Il faut réfléchir sur l’immigration, sur son impact au niveau national, au niveau économique et même social. Il faut en diminuer l’impact et prioriser la tenue du business par l’autochtone. Nous ne pouvons plus nous permettre de laisser tous les pans de notre économie entre les mains des personnes qui rusent avec notre devenir et surtout celui de nos enfants. Merci au Général-Président pour la mesure du Transport avec Taxi Gab+, c’est déjà une piste de solution. Elle ne doit pas s’arrêter, elle doit se pérenniser, ce projet ne doit pas mourir. Il faut en ouvrir d’autres tranchées dans les autres secteurs. C’est vital, le Gabon est à la merci de l’expatrié tant que rien ne sera réellement fait pour reprendre notre économie. J’invite les pouvoirs publics à associer des gens capables de les aider dans la prise de meilleures décisions..
Il faut aux gabonais envahir tous les secteurs d’activité occupés par les expatriés. Les leaders politiques, responsables de la cité devraient aussi s’armer de responsabilité et de véritable amour pour le pays. La survie du Gabon et des jeunes gabonais tiennent aux décisions que vous prenez, qui soit confortent leurs intérêts, leurs mieux-être ou les livrent au diktat ou à la merci du libre-échange. Vous ne devriez pas occulter cette légitime ambition.
Les avoirs de frères étrangers s’accroissent chaque jour. Ils travaillent, ils bossent, pas pour nous léguer leur force de travail. Les problèmes qui nous attendent dans le futur ne seront plus d’ordre gabono-gabonais, mais bien d’ordre gabonais contre les expatriés. Il est URGENT de traiter la question de l’immigration. Il est URGENT d’arrêter les passes-droits auxquels beaucoup d’entre eux ont eu droit dans ce pays. Il est PLUS URGENT que les gabonais aux affaires CHANGENT et adoptent de bonnes pratiques.
Jean-Arsène HOULA-HOULA

