Le processus menant à l’élection référendaire a le mérite de donner la parole même aux muets politiques, c’est-à-dire, ceux qui n’ont jamais proposé et qui ne peuvent pas proposer quelque chose d’intéressant pour le pays.
Il suffit de parcourir les fora pour se convaincre du foisonnement des messages, des plus saugrenus au plus exubérants, le peuple s’exprime.
Dans cette période sensible de notre histoire, le débat politique est parti des hémicycles où siègent les diplômés, pour tous les lieux publics où règnent tout le monde, chacun avec ses Codes.
Que c’est beau de voir les praticiens du droit constitutionnel, les spécialistes des questions de politique être contredits par les plébéiens spécialistes de tout et de rien, mais passionnés par les questions du vivre ensemble.
Pour une fois, le mécanicien se confond à l’éboueur d’Afrique, le marin au toubib, seules les spécialités les différencient, tout le monde parle le gabonais. Cette langue introuvable qui ne s’exprime que dans le cœur et dans l’esprit.
Alors que le juge enfile sa robe pour dire le droit, le prêtre enfile la sienne pour dire la messe, tandis que la femme enlève la sienne pour défendre sa cause (actualité oblige), chaque Pan de la société défend une cause qu’il croit noble et qui se traduit soit par le OUI en Vert, soit par le NON en rouge.
Cet instantané de la démocratie à la Gabonaise sous l’ère de la Transition traduit dans le temps la volonté du Gabonais de conjurer les errements d’hier et de bâtir une nation un peu plus juste.
Ce qui est important à dire et à retenir c’est que de ce bouillon de culture ne sortira ni vainqueur, ni vaincu le seul adversaire connu étant le taux d’abstention.
En effet, le taux d’abstention qui apparaît comme l’épouvantail à combattre éprouve chaque jour davantage les nerfs des organisateurs qui se voient obligés de redoubler d’ingéniosité pour la réduire à sa plus simple expression.
Flairant son appropriation par le camp du NON, qui en ferait un trophée, le ministère en charge de l’organisation du référendum, tante tant mieux que mal à explorer toutes les voies possibles pour atténuer le taux d’abstention. C’est dans cette perspective qu’il s’est allié à la Cour Constitutionnelle pour sortir le joker du cas de force majeure. Un évènement imprévisible, incompressible et incontournable.
Éh oui le cas de force majeure pendant quatre jours a prêté ses bons offices pour diminuer le taux d’abstention, cela serait-il suffisant pour permettre une participation massive des Gabonais au référendum du 16 novembre 2024 ? Bien malin qui pourra répondre.
Hermann DITSOGA.

