L’exclusion économique – la faim et le chômage sont des outils puissants contre l’amour de soi, l’amour de l’autre et l’amour des territoires (patriotisme). Celui qui peut vous priver du travail, de manger à votre faim ou qui peut vous exclure de la vie économique et des circuits financiers de votre pays est entrain de vous dépersonnaliser, il est entrain de vous chosifier, de tuer votre amour propre et de vous rabaisser dans la conscience collective. Il vous rend impotent pour que vous ne puissiez jamais vous façonner vous-même, façonner l’autre et transformer votre pays. Il n’y a pas de changement sans véritable amour.
Tout doit donc commencer par l’amour. Celui qui vous aime, doit être capable de pouvoir vous rendre autonome sur tous les plans. Il doit pouvoir tout mettre en œuvre pour que vous puissiez trouver du travail. Il doit créer des mécanismes pour vous permettre de contrôler votre économie et de défendre votre territoire, donc vos terres. S’il n’y a pas ça. Sachez qu’il n’y a pas d’amour et donc que vous êtes livrés à vous-même et à tout.
La Constitution de notre pays se doit d’être le document cadre qui manifeste l’amour à tous les gabonais. Il ne peut pas être un document qui crée les différences entre les gabonais. On a des gabonais faibles, des gabonais puissants et un gabonais hyperpuissant. Même chez Dieu, il n’y a pas acception de personne. Lorsqu’on se veut responsable, patriote, Lorsqu’on s’aime, qu’on aime son peuple et sa terre on chérit les différences on ne les crée pas. On les traite avec équité sur le principe de l’égalité. On ne devrait pas faire la promotion des inégalités.
Lorsque je lis l’ébauche de la mère des Lois, il me donne l’impression d’être dans la société où la loi du plus fort est toujours la meilleure. Je vois la dictature. Je vois la roublardise, le vice et le dédouanement. Je veux tous les pouvoirs, mais ce que je vais en faire je n’y répondrai pas. Celui qui veut tous les pouvoirs pour lui-même, cherche en réalité l’agenouillement des autres. Et cela à quelle fin ?
Lorsque je lis le projet de Constitution soumis à notre analyse et à notre vote, je le trouve dépourvu d’amour. À travers ce que j’y lis, je vois le gabonais pauvre, dénudé, écrasé, trahi, enfariné, désabusé, piétiné, trompé, assisté comme depuis la nuit des temps. Je le vois consommateur comme toujours. Je le vois assis comme toujours sur de nombreuses richesses, mais dont il est ignorant, et même lorsqu’il le sait, il est incapable de les transformer, vu qu’elles ne lui appartiennent pas et qu’on ne lui a d’ailleurs jamais appris à les transformer.
Lorsque je lis le projet de Constitution, je vois la brimade d’un peuple par un homme « Dieu » qui malheureusement ne veut pas apprendre de l’histoire de notre pays. L’homme passe, quelque soit les pirouettes où les tournures de puissance qu’on cherche à avoir sur les autres mortels, ça ne fait pas de nous un mortel au-dessus des autres. Nous sommes tous poussières et nous retournerons tous à la poussière. Lorsque je lis le projet de Constitution soumis à notre vote, je peux déceler dans le noir, un marionnettiste qui tire les ficelles. Je peux voir au loin l’immixtion des puissances étrangères. J’arrive par les clés d’analyse que le temps m’a offert et que les lectures nombreuses m’ont donné de pouvoir déceler le déni de nous-mêmes, le refus de laisser exister notre peuple et de le laisser façonner sa propre histoire. Je vois à travers ce projet d’autres exister à travers nous. Et c’est inacceptable !
Alors, avec raison et par amour pour moi-même, pour mon peuple et pour mon pays, je dis NON, je vote NON ! Alors que vient le Référendum, je me lève et je vais l’exprimer dans les urnes. Je suis un HOMME, je refuse d’être continuellement un sujet, un trompé, un berné, un enfariné, un doungourou utile. Je ne suis pas créé pour vivre à travers les autres. Je suis créé pour laisser ma trace dans le monde.
L’histoire politique du Gabon m’enseigne qu’Omar Bongo s’est cru Dieu sur les gabonais, où est-il ? Ali Bongo Ondimba s’est cru Dieu sur nous, au point de nous mépriser et de nous écraser, où est-il ? Le mortel Accrombessi venu tout droit de son Bénin natal, nous a chosifié, où est-il ? Celui qui n’apprend pas de l’histoire récente, va recevoir les affres du temps et de l’Histoire. Et il va revivre les mêmes supplices. C’est le mythe de sisyphe dans la perpétuité…
Il est l’heure, il est temps de sortir de la _*rat race de l’imbécilité collective*_ et de poser les bases de l’affirmation de soi, de l’affirmation du peuple bantou que nous sommes.
Jean-Arsène HOULA-HOULA. Pour le Référendum, je vote NON.

