Les élections, en Afrique subsaharienne comme ailleurs, constituent un enjeu majeur pour la consolidation et la durabilité des régimes démocratiques.
Depuis la réouverture au multipartisme dans les années 1990 jusqu’à la libération opérée en août 2023 par nos forces de sécurité et de défense, regroupées au sein du Comité de Transition et de Restauration des Institutions (CTRI), les mécanismes électoraux ont souvent été entravés par des obstacles tels que des fraudes, violences post-électorales, manipulation des listes électorales ou encore désengagement citoyen. Des tels obstacles exprimaient la lutte tenace entre des vœux populaires à des institutions transparentes ou justes et des pratiques politiques héritées de systèmes autoritaires.
L’histoire électorale de notre pays, le Gabon, décrit bien les tensions mentionnées. Malgré le retour au multipartisme, les scrutins ont souvent été critiqués pour leur manque de transparence et une gestion entachée d’irrégularités. Les électeurs ont été confrontés à des pratiques telles que des inscriptions biaisées sur le fichier électoral, le transport massif d’électeurs d’une province à une autre, l’utilisation des ressources publiques pour influer sur les résultats ou encore l’exclusion de certaines voix.
Tous les partis politiques pouvaient, de manière irrégulière, ajouter nuitamment sur le fichier électoral les noms de leurs militants et sympathisants. Face à tous ces défis et obstacles, des réformes profondes s’imposent pour garantir que les prochaines élections présidentielles, législatives, sénatoriales, municipales et départementales soient justes et inclusives.
Pour améliorer l’organisation des scrutins, nous devrions procéder à un audit indépendant de la liste nationale électorale. Un tel audit sollicité par la société civile, permettrait d’identifier et de corriger les anomalies existantes. Une réinscription générale ou, à défaut, une révision approfondie des électeurs serait également réalisée pour s’assurer de la fiabilité et de l’actualisation de la liste électorale. Par ailleurs, sa publication en ligne, accessible à toutes et tous, consolidirait la transparence et motiverait une vérification citoyenne active.
L’utilisation de technologies modernes transformerait également notre système électoral. La mise en place d’une carte biométrique pour l’identification des électeurs et l’introduction de machines de vote électronique permettraient d’accélérer les opérations tout en sécurisant les résultats. De plus, intégrer des représentants de la société civile et de la diaspora dans les instances chargées de superviser la révision électorale promouvrait l’inclusivité et la collaboration.
Enfin, pour restaurer la confiance des citoyennes et citoyens gabonais, la compilation parallèle des votes, bureau de vote par bureau de vote, suivie de la proclamation des résultats le soir même du scrutin, à une heure fixe, sur tous les canaux de communication disponibles, radio et télévision publique ainsi que privées, devrait être une priorité.Cela permettrait de veiller à la transparence et de réduire les suspicions. Une telle organisation, basée sur les meilleures pratiques internationales, est réalisable pour un pays comme le Gabon, avec moins de 800.000 électeurs.
La Bible, dans Proverbes nous enseigne: « Celui qui marche dans l’intégrité marche en sécurité, mais celui qui prend des chemins tortueux sera découvert ». En appliquant toutes les propositions mentionnées ci-dessus, le CTRI et les institutions compétentes amélioreront ou consolideront la crédibilité et la confiance dans les élections, tant pour les citoyens résidents que pour ceux de la diaspora, posant ainsi les bases d’une démocratie participative.
Que Dieu bénisse le Gabon et tous ses citoyens, qu’il guide notre pays vers la paix, la restauration, la prospérité et l’unité.
Georges Mpaga, leader de la société civile gabonaise – Dr. Jean-Aimé Mouketou – Géographe et enseignant Membre engagé de la Diaspora gabonaise et de la Société.

