Il fut un temps où Noureddin Bongo Valentin et Sylvia Bongo Ondimba étaient des figures incontournables du paysage politique gabonais. Encensés par une cohorte de partisans dévoués, leur nom résonnait avec force dans les réunions, marches et campagnes médiatiques orchestrées par le mouvement des « Amis et frères de Noureddin Bongo ». Ces soutiens, prompts à proclamer leur loyauté à grand renfort de slogans et de manifestations, semblaient prêts à tout pour défendre leur héros autoproclamé. Mais aujourd’hui, après 456 jours de détention pour Noureddin et Sylvia, ces « amis » se sont volatilisés, laissant derrière eux un vide assourdissant. Où sont-ils ? Dans un silence fracassant, le Gabon tout entier semble répondre : « Enfin, justice ! »
La vérité, c’est que la situation actuelle de Noureddin et Sylvia Bongo reflète parfaitement ce que le peuple pense de leur règne. Si un sondage était lancé pour demander aux Gabonais si ce duo mérite leur sort, il ne fait aucun doute que le « OUI » l’emporterait aussi écrasamment que lors du dernier référendum. Les Gabonais n’ont pas oublié. Non, ils n’ont pas oublié Bertrand Zibi, jeté injustement en prison sous le regard complice de ce même clan. Ils n’ont pas oublié Jean Rémy Yama, ni tous ceux qui ont subi les conséquences d’un pouvoir autoritaire et insensible. Alors, lorsque Léa Bongo tente de manipuler l’opinion avec des posts larmoyants sur les réseaux sociaux, la réponse populaire est limpide : les larmes de crocodile ne suffiront pas.
Plutôt que de s’adonner à ces gesticulations désespérées, Léa Bongo ferait mieux de s’occuper d’une tâche bien plus urgente : retrouver et rapatrier l’argent détourné par son mari et sa belle-mère. Alors que des milliers de Gabonais vivent dans la précarité, il est indécent de vouloir faire passer Noureddin et Sylvia pour des victimes. Ce n’est pas la belle vie sur les bords de Seine ou les photos de vacances luxueuses qui redoreront leur image. Peut-être que Léa devrait revisiter les pages sombres de leur règne avant de se poser en donneuse de leçons. Les « amis et frères » de Noureddin ont-ils déserté ? Non, ils ont simplement compris qu’il valait mieux fuir un bateau qui coule.
Ainsi, ce silence de l’opinion publique face au sort de Noureddin et Sylvia est le plus grand des verdicts. Ce n’est pas de l’indifférence : c’est un soulagement. Les Gabonais, jadis réduits au silence, applaudissent intérieurement ce moment qu’ils considèrent comme une justice immanente. Qu’importe les réseaux sociaux ou les tentatives de manipulation, l’histoire retiendra que lorsque le peuple a eu le choix, il a dit « OUI » à leur disgrâce.

