« La politique un art, un jeu d’initié » par Gervais Rolland AMOGHO

Un poste sur internet soulève un problème complexe et récurrent dans les débats sur le rôle des intellectuels africains dans le développement et la gouvernance du continent, leur attitude souvent déroutante, dans notre société africaine se trouve être rééquilibrer par les autodidactes très engagés pour leur pays, tel que Leon Mba, Omar Bongo et dans une moindre mesure votre danseur de mbwiti comme vous l’appeler avec mépris, moi je l’appelle Mr Bitome. Ils disent qu’il aurait contredit un agrégé, pour rester dan le cas du gabon cela s’explique, voici pour ma part quelques points pour comprendre ce phénomène à tort ou à raison :

1. Les pressions des systèmes politiques autoritaires

Dans de nombreux pays africains, les systèmes politiques sont souvent autoritaires ou semi-autoritaires. Les intellectuels qui tentent de défendre des idéaux comme la démocratie ou la justice se retrouvent marginalisés, persécutés ou cooptés. Dans ces conditions, certains choisissent de collaborer avec les pouvoirs en place pour éviter des représailles ou préserver leur sécurité.

2. Cooptation par les élites politiques

Les intellectuels sont souvent intégrés dans les cercles de pouvoir à travers des nominations à des postes prestigieux ou des avantages matériels. Une fois dans le système, ils deviennent des instruments de ce même système qu’ils critiquaient, car ils craignent de perdre leur influence ou leurs privilèges.

3. Un contexte économique difficile

L’Afrique fait face à des défis économiques structurels qui affectent aussi les intellectuels. Dans un environnement où les ressources sont limitées, beaucoup se concentrent sur des objectifs individuels pour améliorer leur situation personnelle et celle de leur famille, parfois au détriment de l’engagement collectif.

4. Le déficit de courage ou de solidarité intellectuelle

Certains intellectuels manquent de courage pour confronter directement des régimes autoritaires. D’autres, bien qu’engagés, se retrouvent isolés ou divisés en raison d’un manque de solidarité entre les intellectuels eux-mêmes. Cela affaiblit leur capacité à mobiliser les populations ou à influer sur les politiques.

5. Un système éducatif souvent déconnecté des réalités sociales

Les formations académiques en Afrique, héritées des systèmes coloniaux, mettent parfois l’accent sur des savoirs théoriques ou éloignés des réalités locales. Cela crée une élite intellectuelle qui peut se montrer déconnectée des préoccupations des populations.

6. Une dynamique de réengagement opportuniste

Une fois écartés du pouvoir, certains intellectuels se repositionnent en critiques du système, souvent pour regagner une légitimité ou une base de soutien. Ce comportement donne l’impression qu’ils sont davantage motivés par leurs intérêts personnels que par un engagement sincère pour le bien commun.

7. La complexité des défis africains

Les problèmes de l’Afrique, comme la pauvreté, la corruption, et les inégalités, sont souvent structurels et historiques. Les intellectuels seuls ne peuvent pas les résoudre sans une mobilisation collective impliquant les citoyens, la société civile, et des institutions solides.

Comment améliorer la situation ?

Renforcer l’éthique intellectuelle : Les intellectuels doivent être éduqués sur la nécessité d’agir dans l’intérêt général, même au prix de sacrifices personnels.

Créer des espaces de liberté : Les intellectuels ont besoin de médias indépendants, de forums publics, et de protection contre les persécutions pour jouer un rôle critique.

Solidarité entre intellectuels : Une unité et une collaboration entre intellectuels engagés sont essentielles pour contrer les pressions politiques.

Rapprocher les intellectuels des populations : Ils doivent s’impliquer davantage dans les réalités locales pour comprendre et défendre les aspirations des citoyens.

Il est crucial de ne pas généraliser : certains intellectuels africains jouent un rôle essentiel dans les luttes pour la démocratie, les droits humains et la justice sociale. Cependant, le système global dans lequel ils évoluent rend leur action souvent limitée ou ambivalente.

Gervais Roland AMOGHO, Homme politique

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