« La crise de la CEMAC nous aidera » dixit Dr ONGUENE ATEBA

1-Les Erreurs de maturation des étapes d’intégration*

La crise de la CEMAC n’est pas une crise d’intégration, nous sommes dans une crise des politiques économiques de chaque pays pris individuellement. Le débat sur l’intégration est inadapté.

L’intégration pensée par un auteur comme Béla Balassa est restée à la première étape de la zone de libre-échange qui n’a pas été maturée et nous nous sommes retrouvés dans une union monétaire en 1994 au concencus de Fort-Lamy, oubliant qu’on était déjà dans un paradoxe d’union monétaire fabriquée avant par le tuteur monétaire. De quelle intégration cherche t-on?

2-La dévaluation, une décision politique et non un mécanisme économique

Au départ, il y’avait l’hypothèse d’une dévaluation, mais nous avons oublié que même la dévaluation du FCFA ne va résoudre aucun problème si elle avait été envisagée.

La seule issue semble être la crise économique. Il faut laisser la crise sévir et nous servir de leçon, car les pays de la CEMAC ont choisi des mauvaises politiques économiques.

Les orientations économiques inadaptées paient cash même après 100ans. Nous en sommes là… Depuis des années (10ans environ), nous faisons de la prospective et on estime peut-être que les économistes sont très alarmistes…

Combien de pays au monde ont une politique monétaire qui est inféodée à l’analyse de la dévaluation ou réévaluation? Les vrais modèles monétaires laissent place à la dépréciation et l’appréciation monétaire.

3-Le problème de l’économie de production ou agrégats microéconomiques

Il y’a des basiques en économie qu’on néglige. On dévalue quand on peut répondre quantitativement et qualitativement à la demande.

C’est le problème de la dévaluation de 1994. Il n’y avait pas d’économie de production. La CEMAC produit quoi? Notre propre pétrole en zone CEMAC peut nous rendre Emirats pétroliers. Et même Émirats gaziers, Émirats miniers, Émirats Agricoles.

La politique budgétaire existait un peu quand on avait perdu la politique monétaire. Pourtant, il faut une économie réelle sur des variables microéconomiques à booster. La monnaie s’appuie sur la production. Le budget s’appuie sur la production. Le Commerce s’appuie sur la production. Dès qu’il n’y a pas de production, toutes les politiques économiques sont fragiles. La CEMAC est victime de ce modèle et elle a opté pour l’Economie de l’endettement, la dépendance du pétrole, de maigres matières premières à exporter, maigres recettes fiscales, c’est quoi ce modèle économique…et on s’attend à quoi? Elle n’a rien d’économie de production.

4-Les problèmes structurels des économies de la CEMAC interpellés…

On ne fait pas de dévaluation pour résoudre un problème structurel de long terme. On fait la dévaluation pour résoudre les problèmes conjoncturels de court terme. Les économies de la CEMAC ont des problèmes structurels de long terme… » Si nous optons pour les solutions conjoncturelles aux problèmes structurels, la crise structurelle va demeurer. La dévaluation n’était pas au menu de la réunion extraordinaire du 16 décembre dit-on. De toute façon, les résolutions du 16 décembre 2024 nous semblent conjoncturelles. Les crises cycliques de la CEMAC trouvent leurs origines dans la structure des économies. La crise est structurelle. Disciplinons la structure de nos économies.

Attention à la pérennisation de cette crise structurelle…sinon le prochain sommet de la CEMAC de cette nature sera celui où on dira: »…Nous sommes en crise… »

Dr ONGUENE ATEBA -Economiste et logisticien des transports +237676531537

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