La loi des finances initiale (LFI) de l’année 2025 doit être votée par le parlement avant le 31 décembre selon la pratique et les règles. Il est important de rappeler de quoi il s’agit.
Le Projet de loi des finances de l’année n+1, ici 2024+1=2025, est un outil clé qui détermine les priorités économiques de notre pays pour l’année à venir. Il fixe les grandes orientations financières, répartissant les ressources entre les différents secteurs et définissant les axes de développement. Mais, il est toujours élaboré dans un cadre opaque, loin des yeux et des oreilles de la société civile, sans véritable consultation des citoyens qui en seront directement impactés. Cette situation soulève des questions légitimes sur la transparence et la démocratie budgétaire.
Le Gouvernement, en tant que principal acteur de la confection du projet de loi des finances, a la responsabilité d’inclure la société civile dans ce processus.
La prise en compte des voix des citoyens, des organisations non gouvernementales et des experts indépendants est essentielle pour garantir que le budget reflète les besoins et les aspirations de la population gabonaise. En négligeant cette étape cruciale, le gouvernement court le risque d’édicter des mesures qui ne répondent pas aux réalités vécues par la majorité des citoyens. Il est impératif que le gouvernement mette en place des mécanismes de consultation et de dialogue, permettant à tous de contribuer à cette réflexion collective.
Le Parlement, en tant qu’instance représentative, même si le parlement actuel a été nommé, doit également jouer son rôle de garant de la démocratie en exigeant des débats ouverts et des consultations publiques sur le projet de loi des finances. L’examen parlementaire ne doit pas se limiter à une simple validation technique des chiffres. C’est l’occasion d’évaluer les choix budgétaires, de mettre en lumière les enjeux sociaux et environnementaux, et de s’assurer que les voix des citoyens sont entendues. Les parlementaires ont le devoir de représenter l’intérêt général et de veiller à ce que le budget soit un reflet fidèle des priorités de la société gabonaise.
Nous, société civile, ne devons pas nous contenter d’observer ce processus. Nous devons revendiquer notre droit à l’information et à la participation. Nous, citoyens, à travers nos associations et organisations, avons une connaissance précieuse des réalités locales et des besoins spécifiques de nos communautés. En nous mobilisant pour faire entendre notre voix, nous pouvons contribuer à un débat public enrichi et éclairé. La société civile doit être un partenaire actif dans la construction d’un budget qui serve l’intérêt commun, et non les seuls intérêts d’une élite.
Il est temps pour le gouvernement, le parlement et la société civile de repenser leur relation autour de la loi des finances. La transparence, la consultation et l’inclusion doivent devenir les pierres angulaires d’un processus budgétaire véritablement démocratique.
En unissant leurs forces, ces trois parties prenantes peuvent garantir que le budget soit un outil de justice sociale et de développement durable, en phase avec les attentes de l’ensemble de la population.
Le défi est grand, mais les bénéfices d’une telle collaboration sont inestimables pour l’avenir de notre société.
Le vrai débat est là.
Petit-Lambert Ovono, Évaluateur certifié des politiques publiques, Président de SOGEVAL, Éditorialiste

