« Mécénat Culturel » par Täre Evivi NGUEMA

La loi sur le mécénat et le parrainage culturels au Gabon n’est pas suffisamment incitattive. Elle ne peut pas pousser un grand groupe financier comme BGFI, par exemple, à bâtir un véritable projet de mécénat culturel comme c’est le cas ailleurs dans le monde.

La première limite de la loi sur le mécénat c’est que les pourcentages de défiscalisation sont trop faibles.On ne peut pas demander à une entreprise d’injecter de l’argent dans la culture pour 1% d’exonération d’impôts sur le chiffre d’affaire. Soyons plus ambitieux.

Il faut plutôt favoriser la création d’une Fondation BGFI pour la culture avec un vrai champ d’action. Non seulement cela est plus efficace que quelques bricolages sur la RSE du groupe mais cela apporterait une réelle plus-value de son lien avec le monde culturel.

Les sponsorings et les parrainages dans tous les sens et sans cohérence ne donnent pas de lisibilité à une entreprise mécène. Au gré des relations, des réseaux et des opportunités ponctuelles; sans finalement se construire une image de mécène dans une industrie culturelle en particulier et surtout pertinente pour un groupe financier.

Une fondation pour la culture permet de tracer un vrai projet culturel sur le long terme et d’asseoir une légitimité solide dans un champs de compétences autre que la finance ou la banque ou le commerce.

La deuxième limite de la loi sur le mécénat c’est qu’elle ne favorise pas une diversification des bénéficiaires ou une eclosion de nouveaux talents. Ce sont toujours les même bénéficiaires. Ceux qui ont déjà un nom ou qui exercent dans dans un domaine culturel plus développé ou plus attractif. Il faut démocratiser l’accès aux mécènes. Il y a des artistes de talents dans des domaines et des styles peu connus qui ne reçoivent jamais rien. Il faut inciter les mécènes à ne pas toujours soutenir les mêmes artistes et/ou les mêmes secteurs culturels.

L’exemple du groupe BGFI permet de voir comment une entreprise sort de l’argent sans que cela ne lui donne l’image de mécène culturel. Plus grave, au niveau des impôts, les entreprises oublient tout ce qu’elles ont financé au moment de l’exercice fiscal. Il en est d’ailleurs de même pour RAMET COMILOG comme pour SOBRAGA et bien d’autres.

Une loi sur le mécénat devrait avoir deux vocations: inciter fiscalement les entreprises et les personnes physiques à investir dans le culturel, d’une part, et d’autre part, favoriser la démocratisation de la culture et l’éclosion de nouveaux talents. Nous devons devons encourager nos entreprises à investir de façon stable et bénéfique dans la culture pour ne plus avoir des artistes mendiants et des industries culturelles suffoquantes.

Une réflexion sur “« Mécénat Culturel » par Täre Evivi NGUEMA

Laisser un commentaire