Il y a des sujets très sérieux qui méritent d’être traités avec rigueur. Celui d’aujourd’hui concerne les accusations portées contre le Président de la Transition, le général de Brigade Brice Clotaire Oligui Nguema, et de façon plus générale, la Responsabilité de l’État et le Partage des Rôles.
Dans le contexte de la transition actuelle, nombreux sont ceux qui pointent du doigt le président de la transition, chef de l’État, comme le principal responsable des manquements observés au pays.
Pourtant, réduire la responsabilité des défaillances de l’État à une seule personne peut conduire à des solutions simplistes et inappropriées. Il est donc crucial d’examiner la notion de responsabilité dans un cadre plus large.
En effet, l’État est un système complexe où chaque acteur joue un rôle déterminant, qu’il s’agisse des institutions, des responsables de services publics, ou même des citoyens eux-mêmes.
Si le Chef de l’État a un rôle prépondérant, il ne doit pas être le seul à porter le fardeau des échecs. En réalité, chaque niveau de gouvernement et chaque fonctionnaire a des responsabilités qui lui incombent.
Les institutions doivent fonctionner de manière autonome et efficace. Les défaillances dans le système peuvent souvent être attribuées à des institutions faibles ou mal gérées. La responsabilité ne peut donc pas être imputée uniquement au chef de l’État, mais également aux structures mises en place.
Les responsables locaux et les agents de l’État sont également essentiels à la mise en œuvre des politiques publiques. Leur engagement et leur compétence déterminent souvent le succès ou l’échec d’une initiative. Ignorer ce fait revient à mépriser le rôle fondamental des acteurs de terrain.
Les citoyens ont un rôle à jouer dans la gouvernance. Leur participation active, que ce soit par le biais de la société civile, de la critique constructive ou des élections, est cruciale pour un système démocratique saint.
Les citoyens doivent également être conscients de leur pouvoir et de leur responsabilité dans le processus décisionnel.
Aussi, l’argument selon lequel le Chef de l’État est responsable parce qu’il nomme les membres de son gouvernement et aux plus hautes fonctions civiles et militaires de l’État a une certaine validité, mais il doit être nuancé.
En effet, la nomination des responsables ne garantit pas une gouvernance efficace. Un leader peut choisir des individus compétents, mais si ces derniers ne sont pas soutenus par des ressources adéquates ou un cadre institutionnel solide, leur efficacité sera limitée.
Les citoyens doivent comprendre l’importance du partage des responsabilités, il est à cet effet nécessaire de promouvoir une meilleure compréhension des rôles et responsabilités de chaque acteur au sein de l’État, de mettre en place des mécanismes de transparence et de redevabilité qui permettent aux citoyens de mieux comprendre les décisions prises et les raisons derrière les échecs, de créer des espaces de discussion où les citoyens peuvent exprimer leurs préoccupations et participer à l’élaboration de solutions, de souligner l’importance de l’implication des citoyens dans les affaires publiques et la nécessité d’un partenariat entre l’État et la société civile.
En conclusion, la responsabilité de l’État ne peut être attribuée à un seul individu, quel qu’il soit. La complexité des défis auxquels nous faisons face nécessite une approche collaborative, où chaque acteur reconnaît son rôle et son impact.
En adoptant cette perspective, nous pouvons espérer construire un État plus solide et plus résilient, capable de répondre aux besoins de tous ses citoyens.
Gageons que désormais , nos compatriotes s’éloignent un peu des accusations infondées, des préjugés stériles, bref, du kongossa et de la polémique inutile.Le vrai débat est là.
Discutons avec passion.

