Grève à l’ENS : Conflits syndicaux et enjeux politiques

L’acharnement avec lequel les Syndicalistes de l’ENS revendiquent la sortie de la Cotutelle n’est qu’une farce et surtout une réaction vindicative à l’encontre de Madame le Ministre de l’Éducation nationale Camelia Ntoutoume Leclercq pour deux raisons:

1-Soutenus par l’actuel Ministre de l’Enseignement Supérieur M. Ndoume Essingone et par le DG sortant M. Didzambou, les Syndicalistes de l’ENS reçoivent de l’argent pour alimenter les mouvements de contestation dans le but de déstabiliser Madame le Ministre Camélia parce que, disent-ils, elle a une forte personnalité.

Et pour freiner son élan de réforme du système éducatif gabonais, il fallait créer un foyer de tension quelque part. Et c’est l’ENS qui a été choisie.

2-Après le dernier conseil d’administration au cours duquel Madame le Ministre de l’Éducation Nationale se serait montrée très ferme à l’endroit desdits Syndicats, à la solde du DG sortant de l’ENS et de l’actuel Ministre de l’enseignement supérieur, ces derniers ont décidé de changer de stratégie en optant pour la dénonciation de la Cotutelle et pour le dénigrement de Madame le Ministre de l’Éducation nationale.

Tout ceci a été décidé et orchestré par un reseau qui s’est mis en place, comprenant les personnalités suivantes:

-Madame Ibinga Marcelle, Sénatrice de la transition qui finance le mouvement pour des calculs personnels (ascension professionnelle et son sentiment antifang notoire)

-Ministre de l’enseignement supérieur pour avoir la gestion totale et exclusive de tous les établissements soumis à sa tutelle.

Pour preuve, il a financé le rassemblement d’hier à hauteur de 2.000.000 francs CFA . Somme qui a été repartie à travers les différents chefs de syndicats présents lors de L’AG qui s’est tenue hier à l’ENS.

-DG de l’ENS sortant qui souhaite rester le plus longtemps possible à ce poste.

En définitive, ce mouvement de grève n’est ni objectif, ni pour le bon fonctionnement de l’ENS, son seul but est de déstabiliser Madame le Ministre de l’Éducation nationale à cause de la fermeté dont elle a fait montre à l’endroit des Syndicats corrompus de l’ENS.

Pour bien saisir la décision de Madame le Ministre de l’Education nationale, il faut lire les textes qui réagissent l’ENS.

Cela nécessite que l’on ait une parfaite connaissance du droit positif applicable à cette institution. Autrement dit, quels sont les textes de droit qui s’appliquent actuellement à cette École?

Il faut déjà retenir que :

– du 25 octobre 1971 au 26 avril 1993. L’ ENS était régie par l’ordonnance No 59/71 portant création et organisation de l’école normale Supérieure de Libreville : C’est cette ordonnance qui, en sont article 1, fait de l’ENS une école normale supérieure de formation des Inspecteurs de l’Education Nationale, des professeurs de psychologie, des enseignants du 1er et du 2nd degré et qui en fait, en son article 2, un établissement d’enseignement supérieur qui constitue l’université Nationale.

– du 26 avril 1993 à nos jour, l’ENS est régie par la loi No 11/93 portant réorganisation de l’Ecole Normale Supérieure qui abroge l’Ordonnance No 59/71 portant création et organisation de l’école normale supérieure.

Cette loi en son article 12, abroge toutes les dispositions antérieures qui lui sont contraires, notamment celles de l’Ordonnance No 59/71 du 04 octobre 1971 précitée.

C’est cette loi qui dispose, en combinant ses articles 1 et 2, que *l’Ecole Normale supérieure est un établissement d’enseignement public, doté de personnalité morale et de l’autonomie de gestion financière, placée sous la tutelle conjointe des ministères de l’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur avec pour mission d’assurer la formation professionnelle et le perfectionnement des candidats aux emplois de l’éducation nationale.*

Fort de ce qui précède, à moins de vouloir faire insulte au droit positif régissant l’ENS, il est inadmissible de venir affirmer ici que l’ENS est un établissement d’enseignement supérieur ou que l’ENS est un établissement créé pour assurer la formation des enseignants chercheurs.

De même, venir dire que le Ministre de l’Education Nationale est de fait PCA de l’ENS est une autre insulte aux dispositions réglementaires qui réagissent l’ENS.

En effet, Conformément à l’article 6 du Décret No 1076/ PR/MEN/PPG/MESRIT du 27 septembre 2001 portant modification du No 651/ PR/ MENJSCF/ MESRS du 19 juin 1995 fixant les principes de fonctionnement de l’Ecole Normale Supérieure et ses cycles de formation et de perfectionnement, le *Conseil d’Administration de l’ENS est le premier organes de direction de l’école et est présidé par le Ministre chargé de l’Education Nationale et le Ministre de l’Enseignement supérieur en est le vice président.*

En conséquence, en sa qualité de Ministre de l’Education Nationale, Président du Conseil d’Administration de l’ENS, Madame Camélia NTOUTOUME LECLERCQ est en droit de suspendre le Directeur Général de l’ENS lorsque que celui-ci a commis des manquements graves ( comme c’est le cas) dans l’exercice de ses fonctions et ce n’est pas le Ministre de l’Enseignement Supérieur qui peut venir remettre en cause cette décision. Si d’aventure cette hypothèse se réalise, cela serait constitif d’une violation grave des textes régissant l’ENS. D’autant plus que le DG suspendu avait été nommé en flagrante violation de ces mêmes textes.

Qu’à cela ne tienne, la majorité des Enseignants chercheurs de l’ENS veulent reprendre les cours et ne se reconnaissent pas dans le mouvement de grève qui a lieu à l’ENS depuis hier.

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