Élections au Gabon : La quête d’une autorité impartiale

Autorité de contrôle et de supervision des élections et du référendum, composée des personnes impartiales et compétentes, une trouvaille qui questionne.

S’il y a une mesure qui semble susciter espoir et curiosité dans le communiqué final du conseil des ministres du dimanche 5 janvier dernier, c’est bien celle qui crée l’autorité de contrôle et de supervision des élections et du référendum.

En effet depuis le retour au pluralisme politique dans notre pays en 1991, toutes les élections politiques organisées sous cette coupole ont toujours été contestées provoquant des troubles chaque fois durement réprimés par les forces de défense et de sécurité.

Pour conjurer cette mauvaise passe, les pouvoirs publics ne cessent de repenser le système électoral Gabonais.

C’est pourquoi, conscient du rôle de la magistrature dans notre pays, les décideurs ont, à tort ou à raison pensé qu’il fallait confier la gestion des élections aux magistrats.

Malheureusement, ce préjugé favorable au départ s’est transformé en cauchemar. Malgré cette déconvenue la confiance leur a été maintenue, mais les choses sont allées de mal à pire.

Les hommes en toge censés incarnés la morale et l’éthique ont démontré qu’il était encore tôt de croire en l’existence des hommes providentiels.

C’est l’organisation chaotique des élections qui aurait déclenché le pic de colère des hommes en treillis ce 30 août 2023.

Conscients de l’importance des actes suscités par la mauvaise tenue des élections dans notre pays, les militaires ont pensé réécrire le code électoral, en mettant au centre des hommes neutres et impartiales.

C’est une excellente chose qui suscite néanmoins notre curiosité, c’est qui une personne impartiale et où le trouve-t-on ?

En se fiant à la déclinaison des hommes, une personne impartiale est une personne qui n’exprime aucun parti pris. Elle ne favorise aucun camp contre l’autre.

A ce niveau les choses paraissent claires, mais la réponse à la question suivante ne nous paraît pas aussi évidente, Où trouve-t-on les personnes impartiales ?

Dans l’histoire des sociétés traditionnelles africaines, la croyance a constitué la raison de vivre des Hommes.

Chaque société, en fonction de son histoire a régi sa société.

Certains ont basé leur vie sur la croyance, sur l’existence d’un être suprême qui aurait tout créé et à qui on devait tout. Ça c’est dans les sociétés chrétiennes.

D’autres ont estimé qu’il ne saurait être question d’attribuer toutes les créations à un être mais plutôt à plusieurs entités supérieures qui existeraient sous forme d’égrégores. Mais ça c’est dans les sociétés animistes.

Majoritairement chrétiennes, les sociétés africaines ont toujours pensé que la crainte de Dieu qui est le début et la fin de toute chose était suffisante pour influencer l’homme. Ainsi toute personne ayant la crainte de Dieu devrait être un homme parfait, donc impartial à l’image de Dieu.

C’est pourquoi, elle est ont jeté leur dévolu sur l’autorité morale incarnée par l’église et les hommes de Dieu considérés comme l’incarcération de Dieu sur terre.

C’est en considération de ce qui précède que les guides religieux se sont vus confier la gestion des conflits, la direction des agora etc.

En Afrique, nous avons vu les conférences nationales dirigées par les hommes d’église à l’image de monseigneur Laurent Monsengwo Pasinya en RDC, monseigneur Basile Mvé Engone au Gabon.

Mais bien malin pourrait affirmer que l’expérience des hommes de Dieu à la tête de ces grandes messes aura été concluante, surtout en ce qui concerne le cas Gabon.

Donc toujours à la recherche des personnes impartiales, le CTRI a remis au goût du jour le sujet, il reste à savoir où les trouver, si elles ne sont ni dans la magistrature, ni dans les églises.

Nous attendons les indications et le mode opératoire que le CTRI entend employer pour apporter le crédit au système électoral Gabonais.

Hermann DITSOGA.

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