« Paradoxe sorcellaire de la pseudo socié civile gabonaise sous la Transition » par Lionel Giovani Boulingui

La politique a ceci de particulier : lorsqu’on y est engagé, on est constamment soumis à la critique, souvent de la part des personnes les moins compétentes dans la sphère publique, en plus des concurrents politiques, qui, eux aussi, aspirent à gérer le pays. Cela reste légitime pour ces derniers, car ils prétendent pouvoir mieux faire là où ceux qui sont au pouvoir ont échoué.

Il paraît étrange,d’accuser ceux qui critiquent de s’inscrire dans une démarche stérile, sans propositions concrètes. Pourtant, une critique, dès lors qu’elle est justifiée, ne peut être perçue comme non constructive : elle met en lumière un manquement avéré. En politique, le seul moment où il est fait obligation à un opposant d’être une force de proposition, c’est pendant les élections. À ce moment-là, par le processus d’appel d’offres, chaque citoyen ou groupe peut soumettre un projet de gouvernance tenant compte des aspirations populaires.

Le peuple, en tant que souverain, soucieux d’offrir une égalité des chances, permet même aux anciens dirigeants, pourtant responsables d’échecs, de postuler à nouveau. Il n’y a là ni aberration, ni incongruité, encore moins de la sorcellerie.

Une société civile entre opportunisme et incohérences

On peut comprendre l’attitude du fameux « cartel d’escrocs émotionnels et autres immoraux mafieux » dits de la société civile. Ces derniers multiplient les sorties médiatiques depuis les déclarations de figures comme Ondo Ossah, Manganga Moussavou (ancien vice-président de la République), Bilie-By-Nze (ancien Premier ministre) ou encore Ali Akbar Onanga (ancien ministre). Curieusement, leurs attaques ne s’articulent pas autour de la sincérité ou de la pertinence des discours politiques, mais plutôt sur la responsabilité de ces individus dans la mauvaise gouvernance passée.

Cependant, cette société civile est-elle réellement une « société civile » ou une bande de parvenus n’ayant pas trouvé leur place dans la sphère politique officielle ? Leur instrumentalisation de l’espace de la société civile semble être une voie détournée pour obtenir une place au soleil.

Comble de l’ironie, ce même groupe sous-entend que la classe politique serait la seule responsable de l’hégémonie de la dynastie Bongo et du système qui continue de gouverner le Gabon, après avoir pillé le pays pendant 60 ans, chosifiant les élites et les citoyens ordinaires, tout en écrasant la démocratie.

Les contradictions des figures de la société civile

Parlant du « système Bongo » et des soi-disant innocents à l’origine de la situation actuelle : Marc Ona, Georges Mpaga, Aminata Ondo et leurs alliés, depuis combien de temps êtes-vous à la tête de vos organisations ? Pourquoi n’avez-vous jamais organisé de passation de pouvoir ? Après 10, voire 20 ans de gestion continue, si vous n’avez formé personne pour prendre la relève, c’est peut-être parce que vous considérez que seul votre ADN est capable de diriger. Vos méthodes de gouvernance opaque et votre gestion des financements internationaux ressemblent fortement à celles de Manganga Moussavou ou d’autres figures politiques que vous critiquez.

Depuis que vous êtes aux responsabilités politiques après le coup d’État, vos organisations n’osent plus dénoncer les violations des droits humains, les détournements d’argent public, la mauvaise gouvernance ou la concentration excessive du pouvoir. Lorsque vous êtes interrogés à ce sujet, vous répondez que « les exigences de la fonction » vous imposent une certaine réserve. Pourtant, si vos organisations étaient réellement démocratiques, pourquoi aucun membre n’a émergé pour dénoncer ces pratiques, alors que vous, personnellement, vous vous retranchez derrière vos fonctions ? Depuis le 30 août 2023, vos entités sont devenues muettes et fantomatiques.

La Transition et le simulacre de droit de réserve

On constate que vous, qui prétendez être tenus à un droit de réserve, n’hésitez pas à utiliser vos téléphones pour répondre aux critiques de figures comme Ondo Ossah ou d’autres. Votre réserve semble s’envoler dès qu’il s’agit de défendre vos positions ou vos privilèges. Cela confirme l’idée que vous êtes avant tout des « prestataires de services politiques », soumis aux ordres du maître-président, pour préserver vos dotations et avantages.

Paradoxalement, vous expliquez que l’ancienne Constitution servait à concentrer le pouvoir autour du président, en violant le principe de séparation des pouvoirs, ce qui déresponsabilisait les premiers ministres et ministres d’alors. Mais aujourd’hui, vous demandez des comptes à ces mêmes anciens collaborateurs du régime déchu. Une telle posture est une insulte à l’intelligence du peuple gabonais.

Conclusion : rendre la souveraineté au peuple

Il est temps de rendre au peuple sa souveraineté à travers des élections transparentes et crédibles. Aucun de vous, ni les membres du CTRI, ni les figures de la société civile, n’a reçu un mandat populaire pour décider de qui peut ou ne peut pas participer au débat public.

Le peuple gabonais mérite une gouvernance inclusive, honnête et tournée vers l’avenir. Vos contradictions et votre incapacité à incarner un réel renouveau politique ne doivent pas étouffer la voix du souverain.

Lionel Giovani Boulingui, Sentinelle de la République

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