Les détournements des biens publics représentent une trahison envers la nation et une atteinte grave à l’éthique de la gestion des affaires publiques. Ces derniers temps, des interrogations surgissent quant à la gestion de certains biens de l’État, notamment les véhicules alloués au département de l’agriculture et la prise de parts par des responsables administratifs dans des sociétés relancées avec l’argent du contribuable gabonais. Il y a un principe fondamental : Ce qui appartient à l’État reste à l’État
L’État n’est pas une propriété privée. Tout bien ou ressource mise à disposition d’un fonctionnaire ou d’un responsable public dans le cadre de ses fonctions doit impérativement être restitué à l’État après la cessation de ses fonctions. Qu’il s’agisse de véhicules, d’infrastructures ou de sociétés, ces biens sont la propriété du peuple et ne sauraient être accaparés par quelques individus, quelles que soient leurs contributions ou idées à l’origine de leur relance.
Parmi les exemples les plus préoccupants figure la société agricole de Ntoum. Selon certaines sources, cette entité, relancée avec les fonds publics, ne figurerait plus dans les actifs de l’État. Pire, des allégations font état d’un transfert de propriété à des responsables administratifs ou d’une privatisation déguisée. Le ranch de Ntoum, en particulier, soulève des interrogations légitimes : À qui appartient réellement ce ranch ? Quelle est la société derrière cette exploitation ? Existe-t-il un conflit d’intérêts ?
Ces questions interpellent l’ensemble des citoyens et exigent des réponses claires et transparentes. Si des responsables se sont permis de prendre des parts ou de s’approprier des sociétés relancées grâce à l’argent du contribuable, ils doivent être sommés de restituer ces biens à l’État.
Face à ces suspicions, il est impératif que les autorités compétentes procèdent à une vérification approfondie des fiches circuits de toutes les sociétés agricoles relancées depuis l’arrivée du Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI). Cet audit permettra : D’identifier les biens qui ont été indûment privatisés ou accaparés ; De restituer à l’État les actifs qui lui appartiennent ; De prévenir toute tentative de détournement à l’avenir.
Intégrer un gouvernement n’est pas un passe-droit pour s’enrichir personnellement, mais un mandat pour servir l’intérêt général. Aucun membre du gouvernement, y compris le Président de la Transition, ne saurait se prévaloir de la propriété des entreprises relancées avec les ressources publiques. Ce principe d’intégrité et de reddition des comptes est essentiel pour restaurer la confiance des citoyens envers leurs institutions.
Les biens de l’État appartiennent à la collectivité et non à une élite privilégiée. Les pratiques qui consistent à transformer les fonds publics en opportunités personnelles doivent cesser immédiatement. Si certains se sont aventurés à détourner des sociétés ou des biens relancés grâce à l’argent du contribuable, qu’ils prennent dès maintenant leurs responsabilités en restituant ces biens à leur propriétaire légitime : l’État gabonais.
Il est temps d’agir pour que l’exemplarité devienne la norme et que toute tentative de détournement soit sanctionnée avec la plus grande fermeté.
OTAMBIA

