Analyse de la Dégradation de la Note de Crédit du Gabon

L’information détaillée ci-dessus constitue une analyse approfondie du récent abaissement de la note de crédit du Gabon par Fitch Ratings, passant de CCC+ à CCC. Voici les principaux points à retenir :

1. Facteurs clés ayant motivé la dégradation :

Pressions de liquidité :

Difficulté d’accès au marché de la dette régional (CEMAC) et à des financements conséquents de la part de créanciers officiels.

Augmentation des arriérés de paiements aux créanciers bilatéraux et multilatéraux (ex. Banque mondiale), s’élevant à 0,9 % du PIB entre janvier et novembre 2024.

Endettement élevé :

Bien que le ratio dette/PIB ait temporairement baissé à 67 % en 2024, il devrait remonter à 71 % en 2025 et 72 % en 2026.

Faiblesse des marchés locaux :

Réduction de l’appétit pour les obligations souveraines gabonaises au sein de la CEMAC, aggravée par des défauts de paiement dans d’autres États de la région (ex. République du Congo).

2. Facteurs économiques :

Réduction des revenus pétroliers prévue avec une baisse du prix moyen du baril :

80 USD/baril en 2024 → 70 USD en 2025 → 65 USD en 2026.

Augmentation des dépenses publiques :

Hausse des embauches dans le secteur public (augmentation de la masse salariale estimée à 7 % par an en 2024 et 2025).

Déficit budgétaire prévu : 1,2 % du PIB en 2025 sur une base de caisse.

3. Contexte politique et fiscal :

Incidence politique :

Le programme potentiel avec le FMI en 2025 pourrait être retardé en raison des élections présidentielles prévues en avril.

Défis de consolidation budgétaire :

Bien que la mise en œuvre d’une facture électronique obligatoire soit positive pour les recettes fiscales, elle pourrait être neutralisée par des dépenses sociales croissantes et une dépendance accrue au financement externe.

4. Résilience et perspectives :

Gestion de la dette Eurobond :

En 2024, le Gabon a racheté une partie d’un Eurobond arrivant à échéance en juin 2025, mais il reste 315 millions USD (1,5 % du PIB) à rembourser.

Rôle de la CEMAC :

Les réserves de change de la CEMAC (4,4 mois d’importations en septembre 2024) restent un levier de stabilité grâce au soutien de la garantie de convertibilité du Trésor français.

5. Répercussions potentielles :

Facteurs aggravants possibles :

Absence d’accord avec le FMI ou augmentation des besoins de financement externes.

Améliorations possibles :

Accès accru au financement extérieur et mise en œuvre de réformes fiscales significatives.

Wxw

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