La conférence de presse du ministre de l’Intérieur, Hermann Immongault, marquée par la présentation du nouveau Code électoral, représente un tournant décisif dans le paysage politique gabonais. À peine trois jours après sa promulgation par le Président de la Transition, cet outil législatif apparaît non seulement comme une réponse aux attentes citoyennes, mais aussi comme un pilier fondamental pour la transparence et l’équité des futurs scrutins.
Au cœur des innovations, l’inscription automatique des électeurs dès l’âge de 18 ans mérite une mention spéciale. En levant les lourdeurs administratives qui limitaient l’accès au vote, cette mesure s’inscrit dans une volonté d’inclusivité et de modernisation du processus électoral. Chaque citoyen majeur pourra ainsi exercer son droit de vote sans entrave, ce qui est essentiel dans un contexte où la participation démocratique est souvent mise à mal.
La représentation de la diaspora, avec l’attribution de deux sièges parlementaires, est un autre aspect notable. Ce geste symbolique est une reconnaissance des Gabonais vivant à l’étranger, souvent laissés pour compte dans les décisions politiques. En les intégrant dans le processus décisionnel, le gouvernement démontre sa volonté de construire un Gabon uni, où chaque voix compte.
Les mesures de transparence, telles que l’affichage systématique des résultats dans les bureaux de vote, visent à instaurer une culture de responsabilité et de confiance. Le ministre a souligné que « les élections doivent refléter la volonté populaire sans ambiguïté », un principe qui, s’il est appliqué rigoureusement, pourrait réduire les contestations et renforcer la légitimité des institutions.
Les quotas de candidature pour les femmes et les jeunes, fixés respectivement à 30 % et 20 %, sont un engagement fort vers une représentation plus juste et diversifiée. En ouvrant la voie à une participation accrue de ces groupes, le nouveau Code témoigne d’une ambition d’équité qui fait défaut dans de nombreux systèmes politiques à travers le monde.
Cependant, ces avancées ne doivent pas occulter les défis qui subsistent. La lutte contre les fraudes électorales et l’encadrement des dépenses de campagne sont des mesures nécessaires, mais leur succès dépendra de la rigueur de leur mise en œuvre. Le ministre a affirmé qu’il n’y aurait plus de place pour les « bœufs votants », mais il reste à voir comment ces promesses se traduiront sur le terrain.
Enfin, Hermann Immongault a insisté sur la nécessité d’une autorité administrative indépendante pour superviser le respect des règles électorales. Ce point est crucial pour garantir l’impartialité du processus, surtout dans un contexte de méfiance généralisée envers les institutions.
En somme, ce nouveau Code électoral constitue une étape majeure vers le renouveau démocratique au Gabon. En invitant les acteurs politiques et la société civile à s’approprier ces nouvelles règles, le ministre de l’Intérieur pose les jalons d’un avenir politique plus serein. L’adhésion collective à ces principes sera essentielle pour restaurer la confiance des citoyens dans leurs institutions et pour assurer la pérennité de cette transition tant attendue. Le Gabon se trouve à un carrefour, et les choix faits aujourd’hui façonnent son avenir démocratique.
Continuons à sensibiliser nos voisins pour s’enrôler; chaque voix compte.Bonne semaine.

