Soucieux de garantir la sécurité alimentaire et faire baisser le poids des importations des produits alimentaires dans le pays, les nouvelles autorités ont décidé de relancer, entre autres le projet du ranch de Ndendé et celui de l’exploitation agro-pastorale de Ntoum.
C’est dans ce contexte que le conseil des ministres en sa session du 14 mai 2024 avait créé la Société Agricole et d’Élevage du Gabon (SAEG).
Parallèlement, le 15 mai soit un jour plus tard, une autre Société Agro-pastorale va être créée par des privés, AGROPAG.
Il a fallu attendre l’arrivée de la première cargaison des bœufs en provenance du Brésil, pour voir éclater au grand jour, les contradictions qui couvaient sous la cendre, sur l’opérateur retenu pour gérer le projet du ranch de Ndendé.
Plus de deux semaines plus tard après l’arrivée sur site des bœufs, la controverse s’amplifie sans que de façon précise, une communication officielle, vienne éclairer l’opinion.
C’est plutôt le chef du gouvernement en personne qui va au détour d’une émission télévisée, prendre le pari d’informer la population sur les tenants et les aboutissants de ce projet qui met en lumière AGROPAG, une société de droit privé, comme opérateur exclusif, aussi bien du Ranch de Ndendé que de la ferme agro-pastorale de Ntoum.
L’opinion aurait pu se contenter de cette sortie médiatique pour ranger stylos et micros, si le ministère de l’agriculture qui est l’animateur de la politique gouvernementale en matière d’agriculture et d’élevage, venait corroborer les informations fournies par le Chef du gouvernement.
Or du côté de ce département ministériel, aucun commentaire ne filtre sur ce projet. Mieux ce ministère a été le théâtre d’une polémique, sur fond d’intrigues et accusations de détournement de matériels roulants, rendue virale, entre le ministre sortant et quelques leaders syndicaux.
Cette Loi du silence entretenue du côté de ce ministère, vient d’avantage relancer la controverse et soulever plusieurs interrogations qui entretiennent un climat de méfiance entre les populations avides d’informations et les autorités cendres gérées ce projet d’une extrême importance.
Pourquoi la SAEG créée pour les besoins de la cause n’est-elle pas opératrice du projet du ranch de Ndendé ?Pourquoi le gouvernement a-t-il préféré confier la gestion de ce projet à un opérateur privé alors qu’il a créé une société agro-pastorale ?
Le gouvernement aurait-il l’intention de laisser d’autres projets dans le domaine de l’agriculture et de l’élevage qu’il entend confier à la SAEG ?
Ce sont autant de questions qui méritent d’être éclaircies pour tordre le cou une fois pour toute, le cou à cette rumeur qui ne cesse d’enfler dans l’opinion.
Sur tout un autre plan, la question du statut juridique de AGROPAG et son positionnement stratégique dans la chaîne de valeur de la sécurité alimentaire, rappellent la situation qu’a connu SOGATRA.
En effet, la Société Gabonaise la Transport a été créée par des fonds publics pour assurer la mobilité des personnes en zones urbaines et inter-urbaines .
A ce titre, elle bénéficie d’une subvention annuelle de l’État pour garantir et assurer le développement de son activité.
Mais, dans le souci d’éclairer sa religion sur le statut juridique de la société, l’UPG et son président vont s’inviter dans le dossier pour découvrir que la Société était de droit privé avec comme PCA, un des proches collaborateurs du feu Président OBO.
Alors s’était posée la question de savoir pourquoi, une Société privée bénéficiait-elle d’une subvention annuelle de l’État.
Une polémique avait éclaté à ce sujet, à ce jour, bien malin qui pourra donner la suite de ce feuilleton bien heureusement mis en surface par l’UPG.
Pour AGROPAG, la situation est presque identique, c’est pourquoi toute la lumière doit être faite pour lever tout soupçon de délit d’initié ou de conflit d’intérêts.
C’est une Société de droit privé qui a pour administrateur quelqu’un présenté comme un agent public.
Pourquoi cette Société privée se voit-elle attribuer la gestion d’un projet gouvernemental, alors que le gouvernement lui-même a une Société qui fait dans l’agriculture et l’élevage ?
Quels sont les clauses du contrat qui lierait l’État à cet opérateur privé ?
Cette juxtaposition des cas qui n’a pas pour vocation d’entretenir la polémique, a le mérite de montrer que la situation conflictuelle qui alimente les débats aujourd’hui n’est pas un cas isolé, bien avant AGROPAG, SOGATRA aussi en son temps avait également fait l’objet du même traitement.
Malheureusement lorsque la question du statut juridique de la SOGATRA avait été soulevée, le gouvernement de l’époque avait fait le dos rond, en laissant à l’usure, le soin d’éteindre les questions légitimes portées par l’UPG et son président qui n’avaient pour seule ambition que d’éclairer l’opinion sur la question du financement par l’État, d’une société société de droit privé, mais créé avec les fonds publics.
l’UPG et son président souhaitaient juste savoir pourquoi l’État aurait par particuliers interposés, financé la création d’une Société qui serait privée, comme cela semble le cas pour AGROPAG.
À l’ère de la restauration des institutions et des mentalités, il serait judicieux pour le crédit de la Transition que le doute soit levé sur cette question, par une communication gouvernementale claire.
Il est également dans l’intérêt du Chef du gouvernement que le relais de la communication sur ce projet, soit passé au ministère de l’agriculture, tutelle administrative et technique du projet agro-pastoral de Ndendé.
Hermann DITSOGA, ancien Chef de Cabinet du feu Président Pierre Mamboundou.

