Depuis la prise de pouvoir par les forces de défense et de sécurité au Gabon le 30 août 2023, un débat intense anime la scène politique et sociale. D’un côté, les partisans de cette transition mettent en avant les changements structurels en cours, tandis que de l’autre, les critiques soulignent l’absence de résultats concrets. Il est essentiel d’analyser ces deux perspectives avec une objectivité qui nous permettra de mieux comprendre la situation actuelle.
La gouvernance précédente a laissé un goût amer dans la bouche des Gabonais. Corruption, injustices, pauvreté, immigration clandestine, bradage de la nationalité gabonaise et violations des droits de l’homme ont été le quotidien de nombreux citoyens.
Dans ce contexte, l’intervention des militaires, présentée comme un acte salvateur, a suscité un espoir de renouveau. L’engagement de la transition à établir un chronogramme de 24 mois pour retourner à un régime civil, à restaurer les institutions et à redonner dignité au peuple gabonais a été accueilli avec un optimisme prudent.
Cependant, après 16 mois de Transition, les attentes sont encore grandes. Les critiques évoquent une stagnation sur le plan économique, politique et social. Mais il est primordial de rappeler que toute transition, surtout celle qui vise à corriger des décennies de mal gouvernance, nécessite du temps et des efforts soutenus. Les réformes entreprises, telles que l’appel à contribution pour un dialogue national inclusif, la rédaction d’une nouvelle constitution et l’adoption d’un code électoral, témoignent de la volonté de construire un Gabon nouveau.
Sur le plan économique, les initiatives visant à diminuer le chômage et à soutenir les entreprises nationales, comme la dotation de plus de quatre cent taxis aux jeunes, l’achat d’Assala et de la Société nationale des bois du Gabon, la création de la Banque pour l’entrepreneuriat des jeunes, etc, montrent une volonté de relancer l’économie.
Au niveau social, le paiement des pensions de retraite et le rétablissement de la bourse pour les élèves du secondaire sont des mesures concrètes qui touchent directement la vie des Gabonais.
Il est essentiel de reconnaître que les opposants au Général Oligui, tout en exprimant leurs préoccupations, semblent parfois plus préoccupés par leurs propres intérêts que par le développement réel du pays.
Les accusations portées à l’encontre de la Transition doivent donc être mises en perspective.
Si des critiques légitimes existent, elles ne doivent pas occulter les avancées réalisées ni la complexité des défis à relever.
La route vers la démocratie et la prospérité est pavée d’embûches, mais elle peut être franchie avec un engagement collectif.
Les acteurs politiques doivent mettre de côté leurs rivalités pour se concentrer sur l’intérêt supérieur du Gabon. La Transition en cours est une occasion unique de réfléchir ensemble à l’avenir du pays, en bâtissant des institutions solides et en promouvant le bien-être de tous.
En conclusion, le Gabon a besoin de patience, de dialogue et de coopération.
La Transition est un chantier en cours, et il est impératif que chaque Gabonais joue son rôle pour construire un avenir meilleur.
La véritable mesure du succès ne réside pas uniquement dans des résultats immédiats, mais dans la création d’un cadre durable pour la démocratie, l’économie et le respect des droits de l’homme.
Le vrai débat est là.

