Assemblée Nationale, sentinelle de la République ou Agence de lutte contre le chômage?

La Constitution de la République, donne le droit à chaque citoyen de contribuer à la vie de la nation dans les limites imposées par la Loi.

La question objet du présent regard, me paraît importante à plus d’un titre dans la mesure où elle traite d’une question aussi sensible que les finances de l’État qui influencent considérablement notre vivre ensemble.

Loin d’être polémiste, mon regard est simplement une interpellation à davantage de vigilance dans la gestion de la dépense publique, au moment où le pays croule sous le poids d’une dette abyssale, laissée par le régime déchu.

Au moment où le pays sollicite l’accompagnement du FMI pour tenter de redresser la situation de ses finances, il me paraît plus urgent pour le gouvernement de s’atteler à la préparation d’un cadrage macro-économique et budgétaire assez rigoureux, qu’à renchérir le train de vie de l’État déjà jugé dispendieux par certains analystes.

Conscient de la rigidité des mesures recommandées aux gouvernements en programme avec cette institution, je crois que le gouvernement gagnerait à sursoir l’application de certaines mesures qui me paraissent plus politiques que créatrices de richesse.

Pour moi, cette mesure a plutôt vocation à créer de l’emploi, qu’à créer la richesse qui doit être la quête du gouvernement, en cette période où le taux de pondération à nous imposer par la COBAC a considérablement réduit la marge de manœuvre des possibilités d’emprunt dans la sous région.

En effet, il m’est revenu que le conseil des ministres en sa séance du 26 janvier 2025 aurait décidé de revoir à la hausse le nombre des députés à l’Assemblée Nationale, le faisant passer de 120 à 143 membres; toute chose qui suscite des questions au moment où les institutions financières et la conjoncture internationale, recommandent au pays. la réduction du train de vie de l’État.

Cette mesure vivement recommandée aurait pu amener les autorités de la République à un peu plus de rigueur dans la gestion de la dépense publique, qui commande la prise des mesures fortes, dont la suppression après évaluation minutieuse de l’ordre d’importance, d’un certain nombre d’institutions jugées budgétivores ou superfétatoires.

C’est dans cette optique que le feu Président de l’Union du Peuple Gabonais Pierre Mamboundou prônait la suppression du Sénat et la réduction du nombre de députés, entre autres mesures fortes.

À l’ère de la restauration des institutions et des mentalités, cette réflexion aurait pu trouver un écho favorable auprès des nouvelles autorités dont la volonté réformiste aurait gagné à exploiter certaines pistes de solutions déjà explorées par certains illustres devanciers qui avaient également l’ambition de réformer l’État.

A défaut de supprimer que le Sénat que le feu Président de l’Union du Peuple Gabonais considérait comme un garage pour caser les amis, je pense que le gouvernement aurait pu, à minima, se contenter du nombre actuel des parlementaires au lieu de le porter à la hausse, ce qui n’est pas fait pour décelerer la pression sur les finances publiques.

La naïve question que je suis tentée de me poser est celle de savoir, qu’est-ce qui aurait motivé ce choix ?

L’activité parlementaire serait-elle devenue aussi importante qu’elle nécessite davantage de Députés pour conduire le pays vers la félicité ?

Le choix serait-il guidé par l’accroissement de la population et la prise en compte de la diaspora ?

Dès lors que le parlement est en intersession, pourquoi le gouvernement a-t-il choisi de faire prendre par ordonnance cette mesure au Président de la Transition, alors que la commission mise en place pour jeter les bases du nouveau code électoral et, le parlement qui l’a adopté en congrès auraient pu plancher sur cette question de l’augmentation du nombre de Députés et pourquoi revenir sur ce découpage électoral taillé sur mesure par le PDG pour des fins électoralistes et ne reposant pas sur des critères objectifs de superficie et de démographie ?

Autant de questions parmi tant d’autres qui ont éveillé ma curiosité et suscité mon regard.

A l’observation de l’activité économique, le pays vit à flux tendu, c’est-à-dire que l’essentiel de fonds en transit dans les caisses du Trésor est immédiatement utilisé pour des besoins du pays, c’est le phénomène récurrent des tensions de trésorerie.

L’essentiel des réflexions devait être aujourd’hui orienté vers l’optimisation des recettes fiscales qui passe par l’élargissement de l’assiette, l’amélioration de la collecte de l’impôt, l’unification des caisses de l’État qui était une autre quête du feu Président Pierre Mamboundou.

En entendant le retour sur investissement d’Assala, de l’action du retour dans l’escarcelle de l’État de la SNBG et certainement d’autres acquisitions, il n’est pas opportun pour le gouvernement de tuer la poule au d’or qui jusqu’à présent demeure le pétrole, faute d’une diversification efficiente de l’économie du pays.

Par ailleurs, autant le gouvernement se réjouit de l’atteinte voire parfois du dépassement des objectifs de la douane et des impôts, autant il devra aussi et surtout se préoccuper de l’accroissement de cherté de la vie induite par la recherche effrénée du dépassement des objectifs par ces administrations qui contribuent très largement au budget de l’État.

C’est le serpent qui se mord la queue, on augmente les taxes et le taux de recouvrement pour enrichir l’État qui fait face à l’exercice de ses missions régaliennes, en même temps, on appauvrit davantage les plus pauvres et prolonge la longévité du secteur informel.

Hermann DITSOGA, ancien Chef du cabinet du feu Président Pierre Mamboundou

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