« La culture politique et le droit à l’hypocrisie » par Hermann Ditsoga

Au fur et à mesure que monte la fièvre électorale dans le pays, on assiste à un brouhaha indicible de la part des acteurs politiques en herbe et des acteurs politiques confirmés, appelant à la candidature du général Président.

Tout cela aurait pu emporter la sympathie de tous si ce remue ménage était fait de façon désintéressée.

Rien de nouveau sous l’équateur, tout ce cirque, comme ce disque à force d’être rejoué a fini par se rayer.

C’est le même disque qui a toujours animé les grands événements politiques dans le pays et servi par les mêmes acteurs. Il suffit de revisiter les images de la veille des élections générales d’août 2023, pour se convaincre de la supercherie.

Ce sont les mêmes acteurs, avec un même mode opératoire, ce qui semble jeter un discrédit sur les organisateurs de tels rassemblements.

Ces appels incessants à la candidature prennent la forme d’un harcèlement moral qui est un délit condamnable par le code pénal.

Poussant le vice un peu plus loin, certains ont même refusé de s’alimenter tant que le Président du CTRI n’aurait pas répondu favorablement à leur appel, alors que certains parmi eux peinent à aligner même deux repas par jour.

Ce qui aurait donné à rire devient désormais un fait de société, on ne peut pas être plus royaliste que le Roi. Le général Président sait mieux que tous ses courtisans à quel moment se prononcer car il sait mieux que quiconque qu’il vaut mieux mener à bon port la transition pour bien charmer l’électorat.

Aujourd’hui les donneurs de leçons et redresseurs des torts hier se sont transformés en messagers auto-désignés sans mandat du CTRI.

Si par extraordinaire le distingué camarade du PDG pouvait être investi candidat du parti, en face d’un autre candidat du CTRI qui ne serait pas le Président de la Transition, le peuple Gabonais assisterait à une débandade sans précédent des troupes.

En effet beaucoup d’acteurs politiques, ceux qui agissent par opportunisme et par émotions se réfugieraient sous terre car ne pouvant affronter les regards à l’épreuve des faits.

Le Président du CTRI pouvait se passer de cette mise en scène macabre qui ressemble plutôt à un cirque car il n’aide pas à séparer le bon grain de l’ivraie.

Chacun devra payer pour son engagement et ses convictions et non pour son opportunisme à flairer les bons coups car la politique ce sont avant tout les convictions et un homme politique sans convictions est simplement assimilable à un prestataire de services.

Alors que le ministère interdit les autorisations de marche pour protester contre la maltraitance de la SEEG, il l’accorde à ceux qui ruent sur les brancards pour forcer la main au Président.

Cette politique de deux poids, deux mesures donne une image peut reluisante à ce ministère auquel revient le pouvoir exclusif de l’organisation des élections dans le pays. Toute chose qui entache quelque peu la neutralité de cet arbitre, par la faute de ceux qui pensent que la décision du Président du CTRI dépendait d’eux.

Le général Président qui dispose d’un agenda bien rempli n’attend pas être contrarié par des appels des prestataires politiques pour prendre son destin en main.

L’élection présidentielle étant annoncée pour avril prochain, il semble impérieux que soit préservée la quiétude des citoyens qui ne se reconnaissent pas dans cette mascarade, mais qui en âme et conscience attendent patiemment le jour j pour exprimer leur choix, le choix de la raison.

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