« Retrouver l’équilibre entre tradition et innovation » par Petit-Lambert Ovono

Le décret N°0109/PR/MIN du 14 février 2025, qui fixe les modalités du bulletin de vote pour l’élection présidentielle du 12 avril 2025 est crucial.

En effet, le retour au bulletin distinct pour l’élection présidentielle du 12 avril au Gabon mérite une attention particulière, tant sur le plan politique que logistique.

Ce changement, intervenant après l’adoption du bulletin unique, soulève des interrogations sur la direction que prend le processus électoral dans un contexte déjà tendu.

Il est essentiel d’examiner les implications de cette décision afin de garantir la transparence et la légitimité du scrutin.

D’un point de vue politique, le retour au bulletin distinct peut être perçu comme un signe de vulnérabilité face à des pressions internes.

Les acteurs politiques, conscients de l’importance cruciale de cette élection, pourraient chercher à utiliser des mécanismes traditionnels pour renforcer leur position. Ce revirement pourrait également refléter une volonté de certains groupes de retrouver un contrôle plus direct sur le processus électoral, en s’appuyant sur des pratiques ancrées dans la culture politique gabonaise.

Cependant, cette manœuvre risque d’alimenter des spéculations sur la transparence et l’équité du scrutin.

Les électeurs, déjà sceptiques quant à la crédibilité des institutions, pourraient voir ce changement comme une tentative de manipulation, remettant en question la légitimité des résultats.

Pour éviter une crise de confiance, il est impératif que le gouvernement et les partis politiques s’engagent dans un dialogue constructif, garantissant que chaque étape du processus électoral soit claire et transparente.

Sur le plan logistique, le retour au bulletin distinct présente des défis significatifs.

La préparation d’un scrutin avec des bulletins séparés nécessite une organisation minutieuse : impression des bulletins, formation des agents électoraux, mise en place des bureaux de vote, et sensibilisation des électeurs.

Chaque étape doit être orchestrée avec précision pour éviter des défaillances qui pourraient entacher le processus.

De plus, la gestion des ressources humaines et matérielles s’annonce complexe. La logistique d’un scrutin à bulletin distinct implique des coûts supplémentaires et des délais qui pourraient avoir un impact sur le bon déroulement des élections. Les institutions chargées de l’organisation doivent garantir que les ressources nécessaires sont mobilisées et que les infrastructures sont prêtes à accueillir un nombre potentiellement élevé d’électeurs.

Pour que cette transition soit bénéfique, il est crucial que les réformes électorales soient inclusives et participatives. Les citoyens, les partis politiques et les organisations de la société civile doivent être impliqués dans les discussions sur l’organisation du scrutin.

Cela ne renforcera pas seulement la légitimité du processus, mais permettra également de restaurer la confiance du public envers les institutions.

En conclusion, le retour au bulletin distinct est une opportunité pour le Gabon de réaffirmer son engagement envers un processus électoral transparent et équitable.

Toutefois, cela nécessite une volonté politique forte et une logistique bien orchestrée.

À l’approche de l’élection présidentielle, il est essentiel de veiller à ce que chaque voix soit entendue et que les conditions soient réunies pour un scrutin crédible, garant de la démocratie gabonaise.

Seule une approche réfléchie et collaborative pourra permettre au pays de naviguer avec succès dans cette période cruciale de son histoire politique.

Si la Cour Constitutionnelle doit se prononcer sur la constitutionnalité, le vrai débat réside dans la perception des électeurs de ce retour aux bulletins distinctifs pour chaque candidat.

Ayant pris part à une organisation de l’élection présidentielle à bulletin unique en République Centrafricaine en 2015, nous avons une petite expérience pour les deux types de bulletins.

Affaire à suivre.

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