En 2006, le Pool Énergétique de l’Afrique Centrale (PEAC) avait initié le Programme Pilote d’Electrification Transfrontalière PPET) dont l’objectif était le partage de l’énergie électrique dans les zones frontalières en Afrique Centrale, au sens CEMAC+RDC.
C’est la Banque Africaine de Développement (BAD) qui finançait ce programme, avec une contribution de la Banque de Développement des Etats de l’Afrique Centrale (BDEAC). Jean Baptiste Nguema Ollo, natif de Bindoumessang, était le Task Manager de ce projet à la BAD. Dans sa structuration, il avait inscrit l’interconnexion des réseaux électriques du Cameroun, du Gabon et de la Guinée Équatoriale comme composante prioritaire. Il était alors question que le barrage hydroélectrique sur le Ntem à Memvele au Cameroun serve à alimenter Ambam, Ebebiyin et Bitam. Les retards pris dans la réalisation de ces travaux ont fait que le projet fût mis aux oubliettes. Pendant ce temps, la Guinée Équatoriale avait mis en exploitation le barrage hydroélectrique de Djibloho qui alimente actuellement la partie continentale du pays. C’est ainsi que le Programme Économique Régional (PER) de la CEMAC avait ressuscité ce projet, avec une alimentation du Nord du Gabon à partir de la Guinée Équatoriale sur 4 points d’interconnexion : Ebebiyin/Bitam, Mongomo/Oyem, Nsork/Mitzic et Acurenam/Medouneu. Cependant, il manquait les financements pour les études et les travaux. Lors des Assemblées Annuelles de la BAD à Busan en Corée du Sud en juin 2018, le Ministre Patrick Eyogo Edzang avait eu un échange furtif avec le Président de la BDEAC, Fortunato Ofa Mbo Nchama, natif Effack de Ebebiyin, pour la mise à disposition des financements recherchés. C’est ainsi qu’ils s’étaient accordés pour une visite de travail du Ministre au siège de la BDEAC à Brazzaville. Celle-ci s’était alors déroulée du 18 au 20 juillet 2018. Un aide-mémoire avait sanctionné les travaux entre les deux délégations. Cependant, pour parvenir au financement, il fallait lever des obstacles juridiques et administratifs, notamment la signature d’un Mémorandum d’Entente (MoU) entre le Gabon et la Guinée Équatoriale, ainsi que la mise en place d’un Comité Mixte pour le suivi des études.
Les financements sollicités ont finalement été accordés par la BDEAC en mars 2022, sous forme de don, ce qui a permis de réaliser les études de faisabilité.
En ce qui concerne le lancement des travaux physiques, il fallait un autre MoU entre les deux pays, ainsi qu’un contrat d’achat et vente d’énergie entre la SEEG et SEGESA (concessionnaire opérant en Guinée Équatoriale).
Ce dossier s’est retrouvé bloqué à ce stade. A l’arrivée du CTRI, le projet a été relancé et tous les derniers obstacles juridiques ont été levés en un temps record, ce qui a permis de réaliser les travaux d’interconnexion entre les deux réseaux. En résumé, trois personnes ont eu un impact majeur dans la structuration et la promotion du projet : Jean Baptiste Nguema Ollo pour l’avoir conçu et initié, Patrick Eyogo Edzang pour avoir mobilisé les ressources financières pour les études et Fortunato Ofa Mbo Nchama pour avoir porté ce dossier aux instances de Décision du FODEC hébergé par la BDEAC. La concrétisation effective de l’interconnexion est l’œuvre salvatrice des Présidents Teodoro Obiang Nguema Mbasogo et Brice Clotaire Oligui Nguema qui ont porté politiquement cette opération.

