« Gabon, une nation inclusive en construction : vers une élection présidentielle pour tous » par Percy Djenno

Le Gabon se prépare à un moment décisif avec l’élection présidentielle fixée au 12 avril. Si l’exercice démocratique constitue un tournant important pour l’avenir du pays, il est également l’occasion de repenser certains aspects fondamentaux de notre société, notamment la place des plus vulnérables. Parmi ces oubliés du système, les personnes atteintes de maladies mentales et les personnes âgées, souvent ignorées, méritent que l’on leur accorde une attention particulière et des solutions concrètes. Leur situation, loin d’être un simple oubli, reflète une faille profonde dans notre système de soins, mais aussi dans notre conception de ce que devrait être une nation véritablement solidaire.

Il n’est pas rare de voir des personnes atteintes de troubles mentaux errer dans les rues, seules, parfois désorientées, souvent sans soutien ni ressources. Ces hommes et femmes, dont la condition est généralement ignorée, vivent dans une situation de grande précarité, parfois loin des regards indifférents de la société. Les établissements spécialisés sont insuffisants, voire inexistants dans certaines régions du pays. Les soins appropriés sont un luxe que peu peuvent se permettre, et souvent, l’État semble absent dans l’accompagnement de ces individus fragiles. Leur errance dans les rues est le reflet d’un abandon qui ne devrait pas avoir sa place dans une société qui se veut moderne et juste.

Les personnes âgées, quant à elles, sont aussi souvent laissées pour compte. Trop souvent réduites à une existence solitaire, à l’écart des mécanismes sociaux qui devraient les protéger, elles vivent dans une indifférence totale. Nombre d’entre elles n’ont pas accès à des soins médicaux réguliers, à une pension de retraite suffisante ou à un cadre de vie décent. Beaucoup finissent leurs jours dans des conditions précaires, sans même la reconnaissance de l’apport inestimable qu’elles ont eu au développement du pays. Cette négligence systématique des personnes âgées et de celles atteintes de troubles mentaux témoigne d’une défaillance profonde dans l’organisation de notre société, une société qui se construit sans toujours inclure ses membres les plus vulnérables.

Il est évident que ces problèmes, bien qu’anciens, ne peuvent être ignorés plus longtemps. Alors que le Gabon se prépare à choisir son futur leader, l’élection présidentielle du 12 avril doit être l’occasion de redéfinir les priorités politiques et sociales. Les candidats doivent impérativement proposer des solutions efficaces pour renforcer les infrastructures de soins mentaux et pour améliorer l’accompagnement des personnes âgées. Cela ne doit pas être une promesse en l’air, mais un engagement concret pour garantir à ces citoyens une vie digne et respectée. Le Gabon doit pouvoir compter sur un système de santé mental bien structuré et accessible à tous. Les personnes âgées doivent bénéficier d’une prise en charge sociale et médicale, ainsi que d’une véritable reconnaissance pour leur rôle dans la société.

Une nation qui se veut vraiment forte et en développement doit nécessairement porter une attention particulière aux plus fragiles. Le 12 avril, en votant pour un avenir meilleur, il est impératif que les Gabonais choisissent un projet politique qui place l’humain au centre de ses préoccupations, un projet qui ne laissera pas pour compte ceux qui ont été historiquement mis à l’écart. Le pays doit devenir un modèle de solidarité où chaque membre, quel que soit son âge ou sa condition, est pris en charge et soutenu. Ce n’est qu’en construisant une société vraiment inclusive que le Gabon pourra prétendre à un développement harmonieux et véritablement durable.

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