« Du bonheur en politique » par Täre Evivi NGUEMA

Il y’a ceux qui souhaitent qu’Oligui Nguema échoue pour se dire « on vous avait bien dit que c’est un tocard ».

Il y a aussi ceux qui se disent « on vous avait bien dit que Bilie By Nze ne vaut rien ».

Une autre catégorie attend la fin du scrutin pour se dire « On vous le disait bien, JR Yama confond syndicalisme et politique, il pensait qu’il pesait quoi?

Et ainsi de suite…

La seule joie que certains tirent c’est celles de rire de l’échec des autres. C’est très africain et profondément gabonais. Jouir de l’échec de l’autre et pas de sa réussite.

Cette violence du frère contre le frère dont parle le penseur camerounais Achille Mbembé est très caractéristique de la postcolonie. Cela réssulte de la brutalisation de l’espace public.

Le romancier Sony Labou Tabou traduit cela par la vie et demie. Une vie où habité le plaisir du malheur de l’autre.

Et parfois, dans l’échec on peut être heureux des lors que son frère aussi est dans le malheur. Ne pas trouver du travail peut être rassurant quand on voit son frère.

Mieux, notre échec est toujours du fait de l’autre. L’autre c’est l’oncle, la grand-mère, c’est l’étranger ou l’occident. C’est aussi cette situation dystopique que questionne le penseur gabonais Joseph Tonda.

Une situation qui pousse l’africain à s’en remettre aux ancêtres, à Jésus ou aux « pouvoirs » pour se protéger de l’infortune.

La lutte politique obéit au même schéma. Affronter un adversaire c’est se protéger contre ses missiles Kappa, c’est lui envoyer des « sols-sols » et des « CPT » ou autre « fusils nocturnes « . D’ailleurs, il est de plus en plus dit que le « combat est d’abord spirituel « . Il est donc recommandé de recourir à la Bible ou aux « entités  » ou aux sirènes des eaux profondes du pays.

Les candidats sont donc invités à présenter leurs origines ou leurs appartenance. Être un « enfant du village  » suggère qu’on aurait été protégé ou « preparé » par les grand-parents. Envoyez des messages subliminaux à ses frères en Chris ou à ses frères de la « fraternité blanche » ou de la franc-maçonnerie est devenue un langage politique courant car « la politique n’est pas simple ».

Dans un tel contexte, recourir aux « forces du village  » ou aux « forces occidentales » n’est jamais incompatible. Au contraire, il vaut mieux cumuler les forces. On peut bien être « initié » aux « pratiques des ancêtres » et être « initié » aux « choses des blancs » comme on peut l’entendre tous les jours dans les bars, salons ou sur les notes vocales de whatsapp et sur les nombreux lives internet.

De fait, la politique est un « monde de sorciers » ou le malheur des uns fait le bonheur des autres et jamais un monde où le bonheur peut être partagé.

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