L’administration gabonaise, qu’elle soit publique, parapublique ou privée, est gangrenée par une pratique aussi vieille que révoltante : le droit de cuissage. Derrière les bureaux feutrés des ministères, des entreprises d’État et du secteur privé, se cache une réalité sombre que de nombreuses femmes subissent en silence. Mais aujourd’hui, plusieurs d’entre elles ont décidé de dire stop.
Des femmes gabonaises, victimes d’abus de pouvoir et de harcèlement sexuel, se mobilisent pour porter plainte collectivement contre ces prédateurs qui utilisent leur position pour exiger des faveurs sexuelles en échange d’une promotion, d’un emploi ou d’un avantage quelconque. Elles dénoncent également celles qui, par opportunisme, acceptent ces pratiques et renforcent un système injuste qui détruit la valeur du travail et du mérite.
Des témoignages accablants : “Soit tu acceptes, soit tu n’évolues pas”
Les récits de ces victimes, qui préfèrent pour l’instant garder l’anonymat pour des raisons de sécurité, sont glaçants. Certaines d’entre elles ont en leur possession des messages indécents et explicites, envoyés par leurs supérieurs, prouvant la nature perverse du chantage qu’elles ont subi.
“Je voulais juste évoluer professionnellement. J’ai postulé pour un poste qui correspondait à mon expérience et à mes compétences. Mon supérieur m’a clairement fait comprendre que si je voulais être retenue, je devais ‘accepter les règles du jeu’. J’ai refusé et, malgré mes qualifications, le poste a été donné à une autre qui, elle, a accepté.” – Témoigne une employée du secteur parapublic.
“Un haut cadre de l’administration m’a convoquée dans son bureau sous prétexte de discuter de mon avenir professionnel. Une fois sur place, il a commencé à me faire des avances insistantes. Quand j’ai décliné, il m’a dit en riant : ‘C’est comme ça que ça marche ici, ma chérie’. J’ai perdu ma motivation et j’ai fini par démissionner.” – Raconte une jeune cadre du secteur privé.
Ces témoignages ne sont que la partie visible de l’iceberg. De nombreuses autres femmes vivent le même enfer mais n’osent pas parler, par peur des représailles ou parce qu’elles estiment que la justice ne les protègera pas.
*Un système corrompu et toléré*
Si cette pratique persiste, c’est parce qu’elle est largement tolérée dans les cercles de pouvoir. Dans l’administration publique et parapublique, les promotions ne sont pas toujours attribuées sur la base des compétences et de l’ancienneté, mais plutôt sur des critères officieux où le sexe joue un rôle déterminant.
Dans le secteur privé, les entreprises dirigées par des hommes puissants sont souvent des terrains propices à ces abus, où les jeunes femmes ambitieuses se retrouvent confrontées à un choix injuste : céder ou voir leur carrière bloquée.
Mais ce système ne pourrait pas perdurer sans la complicité de certaines femmes qui choisissent volontairement cette voie pour grimper les échelons. Ce comportement nuit gravement aux autres femmes méritantes et renforce l’idée que l’ascension professionnelle des femmes repose plus sur le lit que sur le talent.
“Il y a des femmes qui ont les diplômes et l’expérience, mais elles restent bloquées pendant que d’autres, qui ne savent même pas aligner deux phrases dans un rapport, deviennent directrices. Comment expliquer ça autrement ?” – S’insurge une fonctionnaire du secteur public.
*Une plainte collective en cours de préparation*
Mais aujourd’hui, la peur change de camp. Plusieurs victimes préparent une plainte collective contre ces prédateurs et disposent de preuves tangibles, notamment des messages, des enregistrements vocaux et des témoignages concordants.
*L’objectif de cette action judiciaire est double :*
1. Exposer publiquement les responsables de ces abus et obtenir des sanctions exemplaires.
2. Mettre fin à cette culture du silence et de la complicité qui permet à ces pratiques de perdurer.
Les associations de défense des droits des femmes et des avocats spécialisés en droit du travail et en violences basées sur le genre accompagnent ce mouvement sans précédent au Gabon.
*Un appel à l’action : tolérance zéro !*
Les femmes gabonaises en ont assez de ces abus de pouvoir. Elles refusent que leur dignité soit bradée et que leur carrière soit conditionnée par des avances indécentes. Elles dénoncent aussi fermement celles qui profitent du système au détriment des autres.
Le message est clair : l’ère du silence est révolue. Il est temps que l’administration publique, parapublique et le secteur privé prennent des mesures concrètes :
. Instaurer un environnement de travail sain, où le mérite prime sur les faveurs sexuelles.
. Mettre en place des cellules de signalement et de protection des victimes.
. Sanctionner sévèrement les coupables et ceux qui couvrent ces pratiques.
. Changer la mentalité collective pour que la compétence des femmes soit reconnue sans arrière-pensées.
Le Gabon ne peut plus tolérer un système où les femmes doivent choisir entre leur dignité et leur avenir professionnel. Il est temps d’éradiquer ce fléau qui gangrène l’administration et l’entreprise, et de restaurer l’éthique, le respect et la justice.
L’enquête avance, la plainte collective se prépare et des noms risquent de tomber. L’heure des comptes a sonné.

