« Demain, écrire l’histoire » par Percy DJENNO

À quelques heures de l’élection présidentielle du samedi 12 avril 2025, il est encore temps, pour ceux qui ne l’ont pas encore fait, de retirer leur carte d’électeur. Ce simple geste, en apparence anodin, est en réalité un acte de responsabilité et de foi envers notre démocratie renaissante.

Le Gabon est à un tournant. Un tournant décisif. Et chacun d’entre nous en est acteur.

Pour ma part, j’ai eu la chance de participer, de manière consciente, à plusieurs scrutins présidentiels : 2009, 2016, 2023… Aujourd’hui 2025. Mais c’est la première fois que je ressens, profondément, que le choix du peuple pourra véritablement s’exprimer librement, et être respecté.

Pour la première fois, tous les signaux d’un scrutin transparent, juste et crédible sont réunis. L’élection qui se profile n’est pas une formalité. Elle est une promesse. Une promesse que le candidat que nous choisirons sera celui que la nation aura véritablement désigné.

Depuis le 30 août 2023 – date symbolique et fondatrice de ce que beaucoup appellent aujourd’hui la *Libération* –, notre pays a emprunté le sentier, parfois cahoteux mais nécessaire, de la transition. Cette transition nous a offert l’opportunité inédite de renouer avec les fondements de la démocratie.

Nous avons d’abord été appelés à voter pour une nouvelle Constitution, lors du référendum de novembre 2024. Ensuite, un nouveau Code électoral a été mis en place, fixant les règles du jeu dans la clarté et l’équité. Et maintenant, nous sommes appelés à désigner, en toute conscience, celui ou celle qui guidera notre nation vers l’avenir.

Cette chance, ce souffle nouveau, nous le devons en grande partie à la vision et à l’engagement du Président de la Transition, le Général Brice Clotaire Oligui Nguema. Il a su, durant ces 19 mois, incarner une autre manière de gouverner : sobre, tournée vers l’essentiel, mais surtout, portée par une volonté sincère de redonner aux Gabonais leur dignité, leur voix et, quelque part, leur pays.

Être un bâtisseur, ce n’est pas uniquement poser des briques ou tracer des routes. C’est aussi et surtout construire les consciences, élever les esprits, redonner espoir.

Certes, tout n’a pas été parfait. Certaines réformes attendues n’ont pas vu le jour. D’autres ont été entamées mais restent inachevées. D’autres encore, peut-être mal comprises ou mal mises en œuvre. Mais c’est aussi cela, le propre des bâtisseurs sincères : reconnaître les limites, tirer les leçons et corriger la trajectoire.

Si, demain, nous décidons collectivement d’accorder notre confiance à notre candidat, ce ne sera pas un chèque en blanc. Ce sera un pacte exigeant. Car soutenir ne veut pas dire se taire. Nous continuerons, avec la même ardeur, à accompagner lorsqu’il le faudra, mais aussi à interpeller chaque fois que cela sera nécessaire.

Oui, je regrette que notre modèle démocratique ne soit pas encore tourné vers une forme plus participative. Mais force est de reconnaître que nous avons aujourd’hui le meilleur cadre électoral jamais connu. Et nous pouvons espérer que demain sera encore meilleur.

Alors faisons le choix du cœur – pour honorer la portée des événements du 30 août 2023 –, mais aussi celui de la raison, à la lumière des avancées concrètes réalisées depuis.

Nous sommes à un moment charnière de notre histoire. Un moment où chacun peut – et doit – apporter sa pierre à l’édifice. Le pouvoir est entre nos mains. À nous de prendre les bonnes décisions. À nous de voter, en âme et conscience.*

Le Gabon nous regarde. L’histoire nous attend.

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