Si on considère que c’est la Constitution qui fonde la République ainsi que le changement de régime, pourquoi ne pas considérer que nous sommes dans la 5e République ?
1. Première République Gabonaise: 18 février 1959.
Le Gabon n’est pas encore indépendant, mais se dote d’une première Constitution dans le cadre de la Communauté franco-africaine mise en place par la France; l’Assemblée Territoriale devient Assemblée Législative et Léon Mba devient Président du Conseil de Gouvernement.
Cette République symbolise la transition vers l’autonomie interne avant l’indépendance.
2. Deuxième République Gabonaise: 4 novembre 1960.
Adoption d’une nouvelle Constitution peu après l’indépendance du 17 août 1960.
Cette Constitution très brève et éphémère et va Durer à peine 3 mois; Elle s’achève avec les élections générales de février 1961 qui donnent naissance à la République suivante.
3. Troisième République Gabonaise: 21 février 1961
À l’issue des élections générales de février 1961. Elle durera jusqu’en 1991, malgré plusieurs révisions constitutionnelles; Constitution très modifiée, mais restée en vigueur jusqu’à la Conférence nationale de 1990;
Cette République est marquée par la présidence de Léon Mba puis d’Omar Bongo; entre 1963 et 1983, la Constitution a été modifiée 10 fois et aboutira à l’instauration progressive d’un régime de parti unique (PDG).
4. Quatrième République Gabonaise: 26 mars 1991
Issue de la Conférence nationale de 1990 et promulguée pour entériner l’ouverture démocratique et le multipartisme; Nouvelle Constitution plus démocratique ayant connue plusieurs révisions majeures : 1994, 1995, 1997, 2000, 2003, 2011, 2018, 2021 et ainsi entraîner le maintien au pouvoir du PDG malgré le multipartisme officiel. République marquée par la présidence d’Ali Bongo à partir de 2009.
5. Cinquième République Gabonais: 14 avril 2024
Adoption d’une nouvelle Constitution après le coup d’État militaire du 30 août 2023 ayant renversé Ali Bongo.
Cette République marque un tournant institutionnel majeur par la refonte profonde du cadre constitutionnel, la restauration de la démocratie et le rétablissement de la légitimité des institutions: elle marque une rupture avec les pratiques de la 4ème République.
Source: Guy Rossatanga-Rignault, Sociologue gabonais

