Pourquoi l’échec cuisant est consubstantiel à sa candidature, alors même qu’il est objectivement le meilleur de tous ?

L’ancien héraut d’un régime honni. Le stratège aux discours ciselés. L’orateur brillant qui, hier encore, justifiait l’injustifiable, maquillant l’inacceptable sous des mots bien choisis.

Brillant, charismatique, stratège hors pair. Il connaît les institutions de l’État sur le bout des doigts, les rouages du pouvoir n’ont plus de secrets pour lui. Mais derrière cette maîtrise, il y a un homme qui a méprisé les cris du peuple. Un homme qui, lorsqu’il avait le pouvoir, n’a jamais su l’utiliser pour réparer, seulement pour consolider un système injuste.

Il fut l’un des défenseurs les plus fervents de l’ancien régime. Porte-parole zélé, architecte politique, bouclier verbal d’un pouvoir qui oppressait et qui réprimait. Aujourd’hui, deux ans après le coup d’État qui a fait tomber ce régime, il revient, candidat à la magistrature suprême, comme si l’Histoire pouvait être effacée, comme si le peuple avait la mémoire courte.

Mais cette fois, le peuple n’oublie pas. Il n’a pas oublié les discours de mépris, les décisions injustes, l’arrogance d’un homme sûr de son trône. Il n’a pas oublié son silence quand les libertés étaient bafouées, son inaction face aux souffrances, son orgueil quand il fallait de l’humilité. On ne peut pas se draper du costume du renouveau quand on a été le visage de l’ancien. On ne peut pas incarner la rupture quand on a si longtemps été l’incarnation du système. Le peuple gabonais a ouvert les yeux. Il a décidé de tourner la page, pas de la relire.

Il s’est découvert une âme de sauveur. Il parle de rupture, d’espoir et de renouveau. Mais cette fois le peuple ne marche plus, il n’y voit que la ruse et la stratégie.

Et va le sanctionner parce qu’il fut la voix du pouvoir quand le peuple n’avait plus la parole, il n’était peut-être pas l’instigateur, mais il en était le commercial. Il fut la façade propre d’un système sale. L’architecte souriant d’une maison en ruines.

Comme si son passé n’était qu’un détail. Comme si l’Histoire pouvait se réécrire à coups de slogans il voudrait passer à autre chose.

Mais cette fois, non. Cette fois, le peuple a décidé de se souvenir. Il n’applaudira pas celui qui, hier, le méprisait du haut de sa tribune.

Il a peut-être changé de costume. Mais il n’a pas changé d’histoire. Et le peuple, lui, ne changera pas de verdict.

Il ne sera pas président , parce que le peuple sait que certains retours ne sont que des boucles.Et que certaines candidatures sentent la nostalgie de la domination, et l’espoir de la vengeance,pas l’envie de servir.

Le meilleur n’est pas toujours le mieux, la postérité retiendra cette leçon de notre génération.

MNH, le penseur libre !

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