« Gabon audit & autopsie : Un bilan comportemental alarmant et l’urgence de la moralisation collective » par André Bouassa

Alors que le président Brice Clotaire Oligui Nguema s’installe dans les responsabilités de la Cinquième République, *l’audit comportemental et l’autopsie morale du Gabon* et des Gabonais révèlent une réalité troublante : un pays gangrené par des pratiques destructrices, où les valeurs républicaines ont été *vidées de leur substance* et où le civisme semble relégué au second plan.

Un bilan sans complaisance : des constats alarmants

L’audit global du Gabon ne se limite pas aux finances ou aux infrastructures. Il s’étend désormais aux mentalités, aux comportements collectifs, à la culture du travail, à la conscience citoyenne et à l’intégrité morale.

Voici quelques symptômes préoccupants :

Corruption banalisée, non seulement dans l’administration mais dans la vie courante (pots-de-vin, favoritisme, achat de conscience).

Culte de l’impunité, où les fautifs ne rendent presque jamais de comptes.

Manque de rigueur et de discipline dans la gestion publique et privée.

Mentalité de dépendance, entretenue par des décennies d’assistanat politique.

Pessimisme social et désengagement civique, traduits par l’abstention électorale et la perte de foi dans l’État.

Manipulation de la religion et perte des repères éthiques, même dans les milieux ecclésiastiques et éducatifs.

Le président Oligui Nguema n’est pas un magicien

Face à cet état des lieux, *aucun président, aucun gouvernement, aussi déterminé soit-il, ne peut réussir seul*. Le Général Oligui Nguema, malgré sa volonté réformatrice affichée, n’est pas *un thaumaturge*. Il ne peut transformer le Gabon sans la participation active, volontaire et disciplinée des citoyens. Cela commence par une remise en question individuelle et collective.

La moralisation : un impératif de survie

Le Gabon ne peut pas se contenter de réformes techniques ou institutionnelles. Il faut moraliser la République, mais aussi les Gabonais eux-mêmes.

Moralisation de l’État : réformer les institutions, sanctionner les abus, instaurer la transparence et l’exemplarité au sommet.

Auto-moralisation des citoyens : éduquer à la responsabilité, encourager l’intégrité, promouvoir la conscience nationale.

Moralisation collective : créer un cadre social, éducatif et médiatique qui valorise les comportements vertueux et pénalise les dérives.

Par où commencer ?

1. L’école : refonder l’éducation nationale sur les valeurs de citoyenneté, de discipline et d’éthique.

2. La famille : cellule de base de la moralisation ; elle doit être restaurée dans son rôle éducatif.

3. Les médias : responsables de ce que consomme la conscience collective ; ils doivent jouer un rôle pédagogique.

4. Les leaders religieux et traditionnels : ils doivent sortir de la compromission et redevenir des phares moraux.

5. L’administration publique : lieu stratégique d’un changement de comportement, par l’exemple et la sanction.

Les challenges à surmonter

– *Résistances internes des élites* et des bénéficiaires du système ancien.

– *Manque de confiance* entre les citoyens et leurs institutions.

– *Pressions extérieures et influences* internationales qui favorisent parfois les compromissions.

Temps : la transformation des mentalités est lente et parfois ingrate.

– Mais aussi des avantages puissants

– Un président légitimé par une rupture, qui peut oser imposer une nouvelle culture.

– Une jeunesse connectée, prête à porter les valeurs du changement si elle est encadrée.

– Un pays riche de ressources, qui pourrait réellement décoller si la moralisation devient une boussole collective.

– Une société civile dynamique, qui a montré sa capacité à résister et à proposer.

Ma conclusion

La transformation du Gabon ne viendra pas d’un décret, ni d’un miracle présidentiel. *Elle commencera par une réforme intérieure,* individuelle et collective. Si chaque Gabonais accepte de devenir l’architecte de la nouvelle République, alors seulement, la vision d’un Gabon réconcilié avec lui-même, gouverné avec éthique et habité par des citoyens responsables, pourra se réaliser.

Il est temps d’arrêter de pointer du doigt. Il est temps de se regarder dans le miroir.

Andre Bouassa: Citoyen lambda

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