« Le pouvoir comme idole : la soumission intéressée des Nynois » par Donald Mihindou

Aujourd’hui, les Nynois applaudissent bruyamment la nomination de Séraphin Moundounga comme vice-président. Les mêmes forums et salons feutrés le célèbrent comme *un héros, un sage, presque un messie* . Hier, c’était *Jonathan Ignoumba* , avant-hier *Edgard Anicet Mboumbou Miyakou* . À chaque fois, c’est le même spectacle : *dès qu’un Nynois accède à un poste élevé, c’est l’adoration immédiate* . Mais il ne s’agit pas d’un amour sincère. Il s’agit d’un amour intéressé.

On applaudit non pas parce qu’on croit en l’homme ou en ses idées, mais parce qu’il peut ouvrir des portes, offrir des avantages, distribuer des miettes de pouvoir. Ce culte du pouvoir n’est rien d’autre qu’un culte de l’intérêt personnel. Le mérite, la compétence, les convictions n’ont que peu d’importance. Ce qui compte, c’est la position. Et c’est cette mentalité qui détruit peu à peu l’esprit critique, la dignité citoyenne, et le sens même de la responsabilité politique.

Bruno Ben Moubamba, fils de Moabi devenu Imhotep Vladmir, appelait cela la sorcellerie politique* . Et il avait peut-être raison. Car ce phénomène ressemble à un envoûtement collectif où l’on cesse de penser pour mieux se prosterner. C’est cette soumission volontaire, cette idolâtrie intéressée, qui empêche tout véritable changement.

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